Chez Boucheron, Claire Choisne séduit par sa gaîté et sa franchise. Elle opère des pas de côté qu’elle conjugue à l’émotion, n’hésitant pas à faire sienne la devise du fondateur Frédéric Boucheron : « Notre raison d’être est de créer l’émotion. » Tout semble donc possible pour la créatrice. Comme d’imaginer une cape en or, aux motifs de plumes de paon, animal fétiche de la maison, qui, par une prouesse technique, vient envelopper celle qui la porte, neuf bagues Fleurs éternelles composées de véritables pétales qui durent toute la vie ou encore un bracelet en forme de toucan qui apporte un jeu de volumes et de couleurs sans pareil, son bec puissant étant sculpté à partir de trois blocs de citrine. La créatrice mêle avec dextérité marbre et diamants, cristal de roche et saphirs, galets et bois brûlé, or et rotin, platine et éclats de météorite. Et n’hésite pas à faire porter par des hommes les étincelants diamants de ses collections Histoire de style, Art déco et New Maharajahs en 2021 et 2022. Chaque bijou signé Boucheron est facetté d’inattendu et d’audace, de savoir-faire et de technologies de pointe.
Quel est votre parcours ?
Claire Choisne : Joaillière de formation, j’ai toujours été très intéressée par la technique, ce qui m’a permis de repousser les limites en termes de créativité. De 1994 à 1997, j’ai suivi les cours de l’École de joaillerie de la rue du Louvre où j’ai eu l’honneur de recevoir le prestigieux prix « Jacques Lenfant » décerné aux trois meilleurs élèves. En 1998, j’ai créé ma propre entreprise de joaillerie avant de travailler, en 2001, pour le joaillier Lorenz Bäumer en tant que responsable du studio de création. Enfin, en 2011, j’ai eu le plaisir de rejoindre Boucheron en tant que directrice des créations.
À votre arrivée, que souhaitiez-vous apporter à cette vénérable maison ?
C.C. : J’ai toujours été particulièrement attirée par le travail et l’univers de Frédéric Boucheron qui a été, selon moi, le plus visionnaire des joailliers de la place Vendôme. Comme lui, j’aime repousser les limites de la haute joaillerie et porter un message au-delà de la matérialité. Sa première icône, le collier Point d’interrogation créé en 1879, a libéré les femmes en leur permettant de se parer elles-mêmes d’un simple geste. Bien plus qu’une pièce de joaillerie, ce collier était une révolution en termes de technicité. En intégrant Boucheron, j’ai voulu rester fidèle à sa philosophie tout en explorant mes rêves pour créer une joaillerie toujours plus émotionnelle.

Au cours de ces treize années, quelles sont les pièces les plus extraordinaires que vous ayez réalisées ?
C.C. : Les créations auxquelles je suis le plus attachée sont celles qui requestionnent le précieux et particulièrement lorsqu’il s’agit de collections liées à la nature, que ce soit Nature triomphante avec les fleurs éternelles ou encore, cette année, Or bleu. La nature est précieuse.
Propos recueillis par Fabrice Léonard, interview complète à lire dans le n°9 d’OniriQ Magazine.



