Notre sélection des 5 photographes 2025
En 2025, la photographie n’a pas seulement documenté le monde : elle l’a interrogé, raconté, parfois consolé. Des figures majeures aux artistes en pleine ascension, certaines expositions se sont imposées comme des moments-clés de l’année, capables de capter l’époque dans ce qu’elle a de plus intime, politique ou universel. Voici notre sélection des cinq photographes qui ont marqué 2025, à travers des expositions à Paris, Arles et en région. Cinq regards, cinq écritures, cinq façons de dire le réel.
Tyler Mitchell, la révélation devenue évidence

À 23 ans, Tyler Mitchell photographiait Beyoncé pour Vogue US, devenant le premier photographe noir à signer la couverture du magazine. En 2025, il n’est plus une promesse mais une certitude. Avec Wish This Was Real, sa première exposition personnelle en France, la MEP consacre un regard déjà historique.
Corps noirs souverains, paysages ouverts, scènes de douceur assumée : Mitchell photographie la dignité sans la surligner. Une œuvre profondément politique sans jamais être démonstrative, qui impose une nouvelle grammaire du réel. L’un des artistes majeurs de sa génération et que l’on peut encore découvrir à la Maison Européenne de la Photographie (MEP) Wish This Was Real, jusqu’au 26 janvier.
Diana Markosian, l’intime à hauteur d’universel

Artiste incontournable de la photographie narrative contemporaine, la photographe russo-américaine Diana Markosian a signé lors des Rencontres de la photographie d’Arles 2025, l’un des récits les plus bouleversants de l’année. “Père” raconte quinze années de séparation, l’exil, puis la tentative fragile de renouer un lien brisé.
Entre images documentaires, archives familiales et mises en scène, Markosian transforme son histoire personnelle en expérience collective. Un travail d’une grande puissance émotionnelle, qui confirme son statut d’artiste essentielle sur la scène internationale.
Martin Parr, sourire du monde

Martin Parr vient de nous quitter, mais son regard demeure. Avec Global Warning, le Jeu de Paume célèbre une œuvre aussi drôle que cruelle, aussi colorée que lucide.
On pense à Sempé : même attention portée à la comédie humaine, même capacité à révéler l’universel dans le trivial. Parr photographie le kitsch, le tourisme de masse, les loisirs ordinaires — et nous renvoie, avec tendresse, à notre propre absurdité. Une photographie qui fait sourire, et penser.
Global Warning, Galerie du Jeu de Paume ,à partir du 30 janvier.
Sebastião Salgado, l’adieu d’un maître

Sebastião Salgado s’est éteint en mai 2025, laissant derrière lui une œuvre monumentale. Genesis Platinum à la Galerie Polka est apparue comme un testament visuel, une célébration grave et majestueuse d’un monde encore intact.
Des paysages vierges, des peuples premiers, une nature souveraine : Salgado n’a cessé de rappeler ce que l’humanité risque de perdre. « Genesis est la quête du monde des origines », écrivait Lélia Wanick Salgado. En 2025, cette quête résonne comme un appel urgent à la responsabilité collective.
Françoise Huguier, la maison comme territoire du monde

Photographe culte, libre, profondément inclassable, Françoise Huguier a donné avec Matière terrestre au Centre photographique Rouen Normandie, une relecture de son œuvre par le prisme de la maison. De Norilsk à Kuala Lumpur, les intérieurs deviennent des récits silencieux.
Objets, murs, espaces domestiques racontent les cultures, les rapports sociaux, les manières d’habiter le monde. Une exposition subtile et politique, à rebours de toute spectacularisation, qui rappelle que la photographie peut aussi être un art du détail et de la proximité.



