L’art en question avec Kim Higelin

L’Art en question avec Kim Higelin

L’art en question avec Kim Higelin

De ses intérêts artistiques personnels, en passant par ses émotions et ses inspirations, jusqu'à ses propres œuvres au cinéma, Kim Higelin nous dit tout sur l'Art et son effet dans sa vie.

Révélée par des rôles marquants, notamment dans Le Consentement de Vanessa Filho, Kim Higelin s’impose comme une figure montante du cinéma français. Héritière d’une famille où l’art est une tradition, elle dévoile, ici, une sensibilité tournée vers la poésie des émotions. En 2025, elle sera à l’affiche d’Un ours dans le Jura de Franck Dubosc, aux côtés de Laure Calamy et Benoît Poelvoorde, ainsi que d’Un champ de fraises pour l’éternité d’Alain Raoust.

Désirée de Lamarzelle : Une galerie à laquelle vous aimeriez « emprunter » régulièrement des œuvres ?

Kim Higelin : Une photographie à la Maison européenne de la photographie, un univers varié et engagé où je me reconnais. Ses collections sont riches et inspirantes et sa librairie, une véritable pépite pour les passionnés d’art et d’image.

Désirée de Lamarzelle : L’artiste que vous suivez sur les réseaux sociaux ?

K.H. : J’ai découvert Daniel Archer sur Instagram, un photographe australien, et je suis fascinée par sa vision poétique de la mode. Il invite le spectateur à découvrir des récits cachés au sein de ses images et prête une attention particulière aux formes, créant des compositions qui floutent la frontière entre le réel et l’imaginaire. C’est d’une profondeur incroyable : chaque photo semble minutieusement pensée.

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Photo de Daniel Archer

Désirée de Lamarzelle : Une œuvre que vous ne comprenez toujours pas.

K.H. : La performance Rhythm 0 de Marina Abramović m’a profondément marquée. Je n’ai vu les archives qu’une seule fois, mais elles me hantent encore. Cette bascule du comportement humain vers une monstruosité quasi insoutenable continue de me bouleverser chaque fois que j’y repense.

Désirée de Lamarzelle : Si vous étiez un tableau… 

K.H. : Une peinture intitulée Le Cap Layet d’Henri-Edmond Cross. J’aime dans ce tableau le contraste entre des émotions intenses, presque tangibles, et des paysages familiers qui floutent le réel. Elle évoque pour moi toute la beauté du Sud et de Saint-Rémy-de-Provence, où se trouvait la maison de mon enfance, malheureusement vendue à mes 16 ans. C’était mon refuge : j’y ai tout appris, jouer, lire, nager. Ces souvenirs me recentrent toujours.

Désirée de Lamarzelle : Quel(le) artiste aimeriez-vous inviter à dîner chez vous ?

K.H. : J’ai découvert Le Portrait de Dorian Gray au collège, et ce livre ne m’a jamais quittée. Je le relis souvent, tant il m’obsède. Si je pouvais parler à Oscar Wilde, je lui dirais combien son œuvre me fascine. Je lui demanderais : « Quelle souffrance profonde a inspiré la création de ce chef-d’œuvre ? »

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Oscar Wilde

Désirée de Lamarzelle : La dernière fois que vous avez été littéralement touchée par une œuvre.

K.H. : Un tableau de Mirna Kresic, dont je viens d’hériter et qui appartenait à ma grand-mère. Présent toute mon enfance parce qu’il trônait dans le salon de mes grands-parents, cette œuvre a pour moi une valeur émotionnelle inestimable.

Désirée de Lamarzelle : Si vous deviez poser nue ?

K.H. : Instinctivement, je pense à ma pudeur, mais aussi à la puissance de l’art et à sa capacité à transmettre un message. Dernièrement, un documentaire sur Jean Cocteau m’a fascinée : ses dessins de nus, notamment ceux de ses amants, dégagent une émotion rare. Je choisirais cet artiste.

Désirée de Lamarzelle : Une œuvre qui vous plonge dans votre enfance.

K.H. : Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy s’impose sans hésitation comme mon incontournable. C’est le film que j’ai le plus regardé enfant, à Saint-Rémy-de-Provence également. C’est une œuvre qui rassemble tous les arts que j’admire, avec ses chansons, ses costumes et la magie de ses rencontres. C’est un parfait mélange de joie et de mélancolie.

Désirée de Lamarzelle : Le tableau que vous auriez aimé peindre.

K.H. : Lavender Mist, Number 1 de Pollock est le premier tableau que j’ai découvert grâce à ma grand-mère, qui était férue d’art. Il m’a marquée par sa puissance et sa liberté, et reste gravé en moi. Les œuvres de Pollock par leur force et leur acharnement suscitent en moi des émotions profondes que j’aurais aimé exprimer à travers la peinture.

Article écrit par Désirée De Lamarzelle, à retrouver dans le n°10 d’OniriQ Magazine.

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