Kourtney Roy, reine du faux-semblant, exposera à Arles son regard acide sur le quotidien

Kourtney Roy PHOTOGRAPHE Arles EXPOSITION La Touriste GALERIE Filles du calvaire
Kourtney Roy PHOTOGRAPHE Arles EXPOSITION La Touriste GALERIE Filles du calvaire

Kourtney Roy, reine du faux-semblant, exposera à Arles son regard acide sur le quotidien

Autoportraits kitsch, humour acide et fausse légèreté : Kourtney Roy débarque à Arles avec La Touriste, une série qui brouille les pistes entre réel et fiction. À voir du 7 juillet au 5 octobre 2025 à l’Ancien Collège Mistral, dans le cadre des Rencontres de la photographie avec la galerie Les Filles du Calvaire.

À l’instar de Martin Parr, qui affirmait que se faire traiter de kitsch était pour lui « le plus beau des compliments », Kourtney Roy, photographe canadienne contemporaine, cultive une esthétique pop et ironique qui oscille entre pastiche, cinéma, anthropologie et critique sociale. À Arles, cet été, elle présente La Touriste, une série inédite qui prolonge son exploration mordante des apparences et des lieux communs du monde moderne, dans le cadre des Rencontres de la photographie 2025.

Photographe née au Canada en 1981 dans le nord de l’Ontario, formée à l’Emily Carr University of Art and Design à Vancouver puis aux Beaux-Arts de Paris, Kourtney Roy s’est imposée sur la scène de la photographie contemporaine par une pratique singulière de l’autoportrait mis en scène. Seule devant et derrière l’objectif, elle endosse des personnages typés et absurdes, parfois grotesques, toujours impeccablement composés. On pense ici à Cindy Sherman, pour la mise en scène du soi, ou encore à Martin Parr, pour le regard acéré sur la société de consommation. Entre glamour désuet et étrangeté inquiétante, Roy injecte dans chaque image une tension narrative digne des films de David Lynch ou de la photographie américaine des années 70.

 

Autoportrait, satire et fiction photographique

Dans La Touriste, les éléments familiers – motels, routes désertes, piscines sans vie – deviennent le théâtre d’un monde trouble, où la frontière entre réel et fiction se brouille. La photographe y campe une vacancière perpétuelle, figure solitaire évoluant dans des décors vides aux couleurs criardes, suspendue entre humour noir et mélancolie latente. Comme elle le dit elle-même :

Une approche où le décor, le personnage et l’intention s’entrelacent dans un jeu de faux-semblants savamment orchestré : « La méthode d’autoportrait mis en scène employée dans mon travail incite à questionner les usages et conventions qui prédominent dans ces espaces et permet de projeter d’autres significations sur eux. Ainsi, les images prennent un aspect étrange ; ce qui était jusqu’alors si familier et évident devient propice à l’incertitude et à la reconfiguration.».

Lauréate de plusieurs prix prestigieux, dont le Prix Picto de la Mode et le Prix Élysée, Kourtney Roy est régulièrement exposée en Europe et en Amérique du Nord. Son œuvre interroge avec acuité les représentations du féminin, la fabrication des stéréotypes et le rôle de l’image dans nos imaginaires contemporains.

L’exposition est présentée par la galerie Les Filles du Calvaire, qui met en lumière cette année à Arles quatre artistes majeurs (Todd Hido, Karen Knorr, Diana Markosian et Kourtney Roy) dans le cadre des Rencontres de la photographie à Arles 2025.

Chaque été, avec les Rencontres d’Arles, fondées en 1970, la ville devient un immense terrain d’expérimentation visuelle, mêlant expositions photographiques patrimoniales et créations contemporaines. Un rendez-vous incontournable pour les amateurs de photographie, les professionnels de l’image et les curieux.

Ancien Collège Mistral, Arles, 7 juillet – 5 octobre 2025
www.rencontres-arles.com

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