Et si l’art contemporain pouvait se lire comme une musique muette ? A l’ère d’une société sur exposée d’images et d’explications, l’art d’Emmanuel Saulnier choisit une autre voie, celle du silence et de la matière. Loin des effets de mode, l’artiste, né en 1952 et reconnu internationalement, analyse depuis quarante ans la sculpture comme une partition invisible.. À l’occasion de l’exposition Partitions, présentée à la galerie Les Filles du Calvaire, E.Saulnier dévoile un corpus inédit avec des pièces suspendues, des collages de visages et volumes silencieux. Alors que l’art contemporain semble parfois parler fort pour exister, cette œuvre-là suggère, et c’est justement là qu’elle devient précieuse.
Une sculpture contemporaine qui interpelle le regardeur

Avec “Partitions”, Emmanuel Saulnier affirme sa recherche sur la présence, l’équilibre, la matière et l’espace. L’exposition débute par une sculpture suspendue en cuir noir qui vient trancher allègrement l’espace. À ses pieds, le visiteur se retrouve littéralement face à lui-même, reflété dans le métal ou le verre. Les matériaux en cuir, bois brûlé, ou encore inox poli se croisent et se répondent. Une synergie entre les matières et l’homme.
Ici, pas de discours didactique ou d’ostentatoire. A son opposé, l’œuvre est là, pure et minimaliste. Le spectateur devient partie prenante, puisqu’il déambule entre les formes, se laisse traverser par les lignes, capte les ombres et la lumière comme s’il suivait un tempo invisible.
Art contemporain : visages, foules et souvenirs au cœur de l’intime
En parallèle des sculptures, E.Saulnier présente un ensemble intitulé Inédits, composé de douze collages de grands formats. Ils sont faits de visages, croqués dans des lieux publics au fil de six années de voyages et d’observations. Des expressions saisies à la volée, recomposées, rehaussées de couleurs, et qui forment un paysage de foule… ou de solitude.

Il ne s’agit pas ici de portrait au sens classique, mais plutôt un fragment figé. Le temps d’un instant. Une foule de gens que l’on ne connaît pas, mais qui semble nous parler. Ces visages deviennent des fenêtres, des souvenirs, des silences, comme autant de petites partitions de vie. Le regard y glisse, s’arrête, reprend. Une polyphonie de l’humain à hauteur d’œil.
Une œuvre immersive à lire, à parcourir, à contempler
Avec Partitions, Emmanuel Saulnier assume un art non spectaculaire, profondément incarné et engagé, qui refuse la brutalité du commentaire pour mieux nous reconduire à une forme de présence sensible. Le travail éditorial n’est pas en reste avec une nouvelle monographie, publiée par Les Éditions du Regard qui accompagne l’exposition. Ce troisième volume retrace douze années de recherches, de commandes publiques, d’expositions et de publications. Loin du vacarme du monde, l’artiste maîtrise la rigueur d’un architecte, la justesse d’un chorégraphe, et la grâce d’un poète ! Un art que l’on n’explique pas toujours.
Partitions, Emmanuel Saulnier
Du 15 mai au 14 juin 2025
Galerie Les Filles du Calvaire, 17 rue des Filles-du-Calvaire, Paris 3e
Du mardi au samedi (11h-18h30)
Monographie “Partitions” – Éditions du Regard



