Rares, sont les artistes qui connaissent la gloire de leur vivant. Souvent, les records qui affolent les enchères se jouent autour d’œuvres orphelines… leurs auteurs ayant depuis longtemps disparus. C’est dire si la vente annoncée par Phillips à Londres, le 18 septembre prochain, a quelque chose d’exceptionnel : elle sera entièrement consacrée à David Hockney. Un artiste pionnier inlassable dans sa quête d’exploration de nouveaux médium, dont la Fondation Louis Vuitton vient d’honorer l’œuvre à travers « David Hockney 25 », la plus vaste rétrospective jamais consacrée à l’artiste en France.
David Hockney, c’est l’Angleterre pop dans ce qu’elle a de plus libre et de plus inventif : des couleurs qui n’appartiennent qu’à lui, des paysages pixelisés comme des puzzles, et des portraits intimes qui semblent vibrer d’une vie intérieure tout en offrant une véritable radiographie de la société avec la visibilité de l’homosexualité et des identités marginalisées. Né en 1937, cet insatiable curieux n’a cessé d’expérimenter : la peinture bien sûr, mais aussi le dessin, la gravure, la photographie, l’iPad… Un œil toujours en alerte, une main toujours à l’œuvre.

Enchères chez Phillips : lithographies, iPad drawings et œuvres rares de Hockney
Le record absolu reste détenu par son célébrissime Portrait of an Artist (Pool with Two Figures), adjugé à 90,3 millions de dollars chez Christie’s en 2018 : un prix qui l’a consacré comme l’un des artistes vivants les plus chers de l’histoire. Mais l’univers Hockney n’est pas réservé aux seuls milliardaires. Ces dernières années, Phillips a fait le bonheur des collectionneurs avec des œuvres plus modestes : Water vendue 88 900 £, Randy Sleeping à 45 720 £, Bora Bora à 55 880 $, ou encore An Image of Gregory envolé à 139 700 $.
Selon MutualArt, la fourchette est large : de quelques dollars pour des tirages confidentiels à plus de 90 millions pour les chefs-d’œuvre. Entre ces extrêmes, les amateurs peuvent espérer décrocher estampes et petites œuvres pour quelques dizaines de milliers d’euros. Une entrée en collection, en somme, au parfum d’éternité.

Car Phillips, maison fondée à Londres en 1796, a su se forger une place singulière : « rester à l’avant-garde du marché en offrant aux collectionneurs des opportunités uniques », comme le souligne Robert Kennan, directeur du département des éditions de la Maison PHILLIPS. L’enchère du 18 septembre marquera d’ailleurs la quatrième vente intégralement consacrée à Hockney. Avec un taux moyen de lots vendus de 98 %, 65 records mondiaux enregistrés en trois ans et près d’un tiers d’acheteurs issus de la génération milléniale, la vitalité du marché ne fait pas de doute.
Rappelons, qu’il y a dans toute vente aux enchères quelque chose qui dépasse la simple spéculation : l’occasion pour nous de contempler, de près, l’un des plus grands artistes de notre temps. On vient pour acheter, bien sûr. Mais on vient aussi pour admirer. Car comme souvent avec Hockney, on comprend que le vrai miracle n’est pas seulement dans la cote, mais dans la joie que procurent ses images.



