Après Modigliani, un peintre et son marchand, le Musée de l’Orangerie poursuit sa série d’expositions consacrées au marché de l’art et à ceux qui ont fait émerger les avant-gardes du XXᵉ siècle. Place, cette fois, à Berthe Weill : une femme qu’il était urgent de remettre en lumière.
Pionnière, libre et infatigable, elle fut la première galeriste à défendre Picasso, à organiser la seule exposition personnelle de Modigliani de son vivant, mais aussi à promouvoir des artistes femmes, d’Émilie Charmy à Suzanne Valadon, sans distinction d’école ni de genre. À travers une centaine d’œuvres, peintures, sculptures, dessins, estampes et bijoux, l’exposition retrace la vie intense d’une galerie ouverte en 1901 rue Victor-Massé, au cœur du quartier de Pigalle, et le parcours d’une femme qui fit de son enseigne un laboratoire de la modernité.

De Matisse à Rivera, de Freundlich à Marval, tous croisèrent le chemin de cette défricheuse dont le mot d’ordre, « Place aux jeunes ! », résonne encore comme un manifeste. Loin d’un simple hommage, cette rétrospective rend justice à une figure-clé restée trop longtemps dans l’ombre des Vollard, Kahnweiler ou Rosenberg : une femme de convictions, d’intuition et de flair.
Musée de l’Orangerie, Paris 1er



