Elles n’exposent pas dans les grands musées institutionnels. Elles n’attendent pas la légitimité des galeries blanches et silencieuses. Aurore Guez, Johanna Tordjman et Kenza Le Bas ont choisi une trajectoire plus libre. Ce sont précisément les stars qui les ont remarquées en premier. ASAP Rocky, Kalash, Lujipeka, Anna Toumazoff… le monde de la musique et du spectacle gravite autour de leur travail avec un appétit qui ne ment pas. Ce printemps, les trois artistes sont simultanément sur le devant de la scène. Voilà pourquoi il serait dommage de les manquer.
Aurore Guez : quand l’art immersif entre dans la collection d’ASAP Rocky
Elle avait déjà marqué les esprits lors de la dernière Fashion Week en intégrant la collection privée d’ASAP Rocky, un signal fort dans un monde où le rappeur est devenu l’un des collectionneurs les plus influents de sa génération. Aurore Guez revient aujourd’hui avec Le Café, une nouvelle exposition immersive à la frontière entre peinture, fiction et installation.
Le principe est aussi simple qu’audacieux : les personnages des œuvres prennent la parole. Ils deviennent des interlocuteurs, capables d’échanger avec le public dans une scénographie vivante et participative. Kalash, Lujipeka ou encore Anna Toumazoff ont prêté leur voix à l’installation.
Ce qui définit la démarche d’Aurore Guez, c’est une conviction profonde : l’art doit circuler librement, s’inscrire dans les espaces du quotidien, toucher ceux qui ne poussent pas spontanément la porte d’une galerie. Le Café sera proposé gratuitement au public les 25 et 26 avril. Une générosité rare, et délibérée.
Johanna Tordjman : le portrait à l’ère du selfie, version universelle
Née en 1990, Johanna Tordjman travaille à partir d’une question centrale : comment représenter l’unité de l’humanité sans effacer sa diversité ? Son médium, c’est le portrait pictural revisité à l’ère de la globalisation digitale, là où le selfie a redéfini le rapport à l’image de soi et à l’autre.
Son travail abolit les frontières : entre réel et virtuel, entre les invisibles et les plus visibles, entre le fragment et le tout. Elle s’appuie sur les émotions d’une société en reconstruction pour proposer une vision contemporaine de l’universel non pas comme uniformité, mais comme somme de singularités. Ses toiles portent cette tension avec une maîtrise rare pour une artiste de sa génération, ce qui explique l’intérêt croissant que lui portent collectionneurs et personnalités culturelles bien au-delà des frontières françaises.
Kenza Le Bas : « Femmes Galactik », une première exposition qui fait déjà orbite
Décollage imminent. Avec Femmes Galactik, la photographe française Kenza Le Bas signe sa toute première exposition et pose d’emblée une signature visuelle immédiatement reconnaissable : frontale, magnétique, intensément incarnée. Le chrome y devient armure, seconde peau, manifeste visuel. Il accroche la lumière autant qu’il révèle les émotions.
Derrière l’esthétique sidérale, il y a des récits singuliers et des trajectoires de femmes entre résistance, puissance et rayonnement. Chaque photographie ouvre une constellation intime. Des femmes ancrées dans le réel, saisies dans une lumière presque cosmique.
Les 24, 25 et 26 avril 2026, rendez-vous dans le Marais, à La Place – 97 m² nichés au 17 rue Notre-Dame de Nazareth – pour embarquer dans cet univers aux éclats métallisés. Une première exposition, mais une vision déjà entière.



