Dès les premières heures de la soirée d’inauguration de l’exposition Renault, l’atmosphère avait quelque chose de singulier. Paris basculait doucement dans la nuit tandis que les visiteurs défilaient devant les grandes vitrines illuminées où les carrosseries se reflétaient comme des sculptures contemporaines. À l’intérieur, loin du cérémonial parfois figé des vernissages traditionnels, l’ambiance était plus libre, presque festive. Collectionneurs, passionnés d’automobile, journalistes et amateurs d’art se retrouvaient autour d’un même regard : celui porté sur la voiture comme symbole culturel.
Pensée avec le Fonds Renault pour l’Art et la Culture, l’exposition explore les liens entre la culture automobile et les grands codes visuels du Pop Art et du Street Art. Couleurs éclatantes, références à la publicité, répétition des motifs ou détournement d’objets du quotidien : l’ensemble rappelle combien l’automobile a accompagné l’essor de la culture populaire au XXe siècle.
Pour Renault, le sujet semble presque évident. Depuis toujours, la marque accompagne les paysages urbains, les départs en vacances et le quotidien des Français. Ici, la voiture dépasse sa fonction première pour devenir un élément de mémoire collective et un support de création.
Au fil du parcours, certaines œuvres captent immédiatement les regards. Parmi elles, une mosaïque signée Invader, réalisée en 2008 et dévoilée pour la première fois au public. Fidèle à son esthétique inspirée des jeux vidéo rétro, l’artiste détourne l’univers automobile avec ses célèbres pixels colorés et apporte une touche urbaine presque clandestine à l’exposition.
La soirée prenait également une dimension musicale grâce à la présence de Cerrone. Derrière les platines, la légende du disco installait une ambiance vibrante où les basses résonnaient entre les œuvres et les véhicules exposés. Progressivement, le vernissage se transformait en véritable célébration, entre conversations animées et énergie festive.

Renault, une nouvelle image
Difficile aussi de ne pas voir, derrière cet événement, l’empreinte d’Arnaud Belloni. Depuis 2020, le directeur marketing de Renault a profondément renouvelé l’image de la marque, en l’inscrivant davantage dans les territoires de la culture, de la musique et de la création contemporaine. Une stratégie qui donne aujourd’hui à Renault une présence plus lifestyle, sans rompre avec son identité populaire.
Au-delà de l’exposition elle-même, Pop Art Car réussit surtout à proposer une autre lecture de l’automobile. Les œuvres de Victor Vasarely, les interventions d’Invader et les modèles présentés comme des pièces de collection brouillent volontairement les frontières entre art et design industriel.
Accessible à tous, l’événement a offert ainsi une parenthèse culturelle au cœur de Paris. Une manière originale de redécouvrir la voiture, mais aussi les Champs-Élysées, transformés pour quelques semaines en galerie à ciel ouvert.



