Magalie Debellis, designer pour Cadillac : “Je voulais que la LYRIQ impose le regard, même à l’arrêt”

Magalie Debellis, designer pour Cadillac : "Je voulais que la LYRIQ impose le regard, même à l’arrêt"
Magalie Debellis, designer pour Cadillac : "Je voulais que la LYRIQ impose le regard, même à l’arrêt"

Magalie Debellis, designer pour Cadillac : “Je voulais que la LYRIQ impose le regard, même à l’arrêt”

Look racé, technologie embarquée, intérieur feutré... Avec la LYRIQ, Cadillac fait son grand retour en Europe au volant d’un SUV 100 % électrique taillé pour séduire. Une signature visuelle forte portée par la designer française Magalie Debellis. Interview.

Et si une voiture pouvait raconter une histoire avant même de démarrer ? Pour Magalie Debellis, responsable du design de la Cadillac LYRIQ, c’était précisément l’ambition derrière ce modèle stratégique : un SUV 100 % électrique avec lequel la marque américaine signe son grand retour en Europe.

Pensée dès l’esquisse comme un manifeste visuel, la LYRIQ interpelle dès le premier regard. Sa silhouette tendue, sculptée avec précision, semble animée d’une énergie contenue. La signature lumineuse, composée de plus de 700 LED, s’active à l’approche du conducteur dans une séquence presque chorégraphiée. Le design n’est pas là pour faire joli : il dialogue avec la technologie.

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Et derrière l’esthétique, la technique suit le rythme. La LYRIQ repose sur la plateforme Ultium de General Motors, une architecture 100 % électrique qui permet une autonomie annoncée de 530 kilomètres et une recharge rapide de 10 à 80 % en une quarantaine de minutes sur borne DC. À l’intérieur, l’ambiance joue la carte du dépouillement chic : un large écran incurvé de 33 pouces occupe la planche de bord, tandis que le système audio AKG à 19 haut-parleurs transforme l’habitacle en bulle sonore, isolée du monde extérieur.

Entre inspirations européennes, attention au détail, et ADN américain fait d’audace et de verticalité, Magalie Debellis nous plonge dans les coulisses d’un design pensé pour marquer autant les esprits que la route.

Sirine Errammach : Comment définiriez-vous votre approche du design automobile ?

Magalie Debellis : Chaque projet commence par une intention. Pour moi, le design est avant tout un vecteur d’émotion. Il doit raconter une histoire dès le premier regard, bien avant de parler lignes ou proportions.

Qu’est-ce qui vous guide en premier : une ligne, une sensation, un souvenir ?

M.D : C’est souvent une sensation — une émotion que l’on veut transmettre visuellement. Ensuite viennent les inspirations : un paysage, une tension dans un geste, une architecture… Tout ce qui éveille une impression forte.

Le design automobile est souvent dicté par des normes très techniques. Où commence la liberté créative pour vous ?

M.D : La liberté commence au moment où l’on décide ce que la voiture doit exprimer. Ensuite, on jongle entre contraintes et créativité — et parfois, ce sont justement les contraintes qui ouvrent des idées nouvelles.

À quel moment dans le processus créatif de la LYRIQ avez-vous senti que la voiture avait trouvé son identité visuelle ?

M.D : Le moment où la silhouette a commencé à dégager une vraie présence, presque musicale, a été décisif. Quand les lignes ont trouvé leur rythme, on a su qu’on tenait quelque chose d’unique.

Comment décririez-vous le style du design de la LYRIQ ?

M.D : Un design sculptural, tendu, fluide — qui exprime à la fois précision technologique et sensualité. LYRIQ est une déclaration, à la fois moderne et fidèle à l’ADN Cadillac.

La silhouette de la LYRIQ est très affirmée, presque sculpturale. Quelles ont été vos intentions pour créer cette présence visuelle sur la route ?

M.D : Je voulais qu’elle impose le regard, même à l’arrêt. Qu’elle exprime la sophistication, mais aussi la puissance contenue — comme un félin prêt à bondir.

Qu’est-ce que le design de la LYRIQ dit de Cadillac aujourd’hui ?

M.D : Il montre que Cadillac reste une marque de caractère, tournée vers l’innovation mais fidèle à ses codes : verticalité, précision, audace. C’est une vision assumée du luxe électrique.

Quels éléments de design avez-vous imaginés pour créer une certaine émotion autour d’un véhicule électrique, silencieux, presque immatériel ?

M.D : La lumière a joué un rôle clé — elle donne vie à la voiture. On a travaillé sur des animations lumineuses, des gestes d’accueil, des transitions subtiles qui créent une connexion émotionnelle.

Quelles textures, couleurs ou matériaux racontent l’identité de cette voiture ?

M.D : Des matériaux raffinés, des textures contrastées, un travail subtil entre mat et brillant. Le tout compose une ambiance immersive et élégante.

L’intérieur du véhicule est pensé comme un cocon. Comment avez-vous abordé la relation entre technologie et confort ?

M.D : On voulait une technologie intuitive. L’idée, c’était de créer un environnement calme, fluide, où chaque détail contribue à une sensation de bien-être.

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Comment avez-vous travaillé pour créer un rapport plus intime entre le conducteur et le véhicule ?

M.D : Nous avons misé sur des éléments subtils mais essentiels : les jeux de lumière, les commandes tactiles douces, le traitement sonore. L’objectif : créer un lien subtil mais fort entre la voiture et son conducteur.

Votre culture ou votre sensibilité européenne ont-elles influencé votre approche du design pour la LYRIQ ?

M.D: Absolument. Mon regard est naturellement influencé par une certaine exigence du détail, des proportions élégantes, une recherche d’harmonie. Cette sensibilité européenne, je crois, apporte un équilibre précieux à l’identité de LYRIQ — d’autant plus symbolique avec le retour de Cadillac en Europe.

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