Le Fonds Bustamante, un nouvel écrin de l’art contemporain à Arles à découvrir

Fonds Bustamante Arles
Fonds Bustamante Arles

Le Fonds Bustamante, un nouvel écrin de l’art contemporain à Arles à découvrir

Dans une ancienne église d’Arles réinventée par Charles Zana, Jean-Marc Bustamante ouvre un fonds à son image : exigeant, libre et résolument tourné vers les artistes. Avec En Miroirs, le Fonds Bustamante inaugure un lieu où œuvres, générations et regards entrent en résonance.

Pour donner le ton, Bustamante signe En Miroirs, une exposition qui tient autant de l’autoportrait que de la déclaration d’intention. Plutôt qu’une rétrospective, l’artiste met son œuvre en conversation avec celles de créateurs qui nourrissent sa pensée : Franz West, Thomas Schütte, Reinhard Mucha, Cristina Iglesias, Rodney Graham ou encore Alice Anderson. D’une salle à l’autre, les générations se répondent, les médiums s’entrecroisent et les correspondances apparaissent. Ici, le regard de Bustamante agit comme celui d’un passeur, dessinant une histoire sensible de l’art contemporain où les œuvres dialoguent bien plus qu’elles ne se confrontent.

Parmi les pièces fortes de l’exposition, une imposante sculpture en aluminium moulé et verre de Cristina Iglesias, spécialement conçue pour le lieu, investit l’espace à double hauteur du premier étage. Entre opacité et transparence, masse et lumière, l’œuvre semble prolonger l’architecture elle-même. Elle résume à sa manière l’ambition du Fonds : faire de l’ancienne église non pas un simple écrin, mais un espace où œuvres et architecture se transforment mutuellement.

Fonds Bustamante
Fonds Bustamante

Le parcours permet aussi de revenir aux origines de la démarche de Bustamante. Une photographie de 1977 représentant une maison en construction en Espagne, que l’artiste décrit comme une « peinture photographique », annonce ses célèbres Tableaux, ces photographies couleur de grand format avec lesquelles il brouille, dès la fin des années 1970, les frontières entre image et peinture. Accrochée à proximité d’une œuvre d’Alice Anderson, son ancienne élève, elle fait également affleurer l’une des idées essentielles du Fonds : celle de la transmission entre générations.

Rare fondation pensée et dirigée par un artiste, le Fonds Bustamante affirme ainsi une vision : offrir un lieu où la création prend le temps de se déployer, où les archives côtoient les expérimentations et où les artistes demeurent au cœur du projet. Une nouvelle pierre qui confirme, une fois encore, la place d’Arles parmi les capitales européennes de l’art contemporain.

En Miroirs, Fonds Bustamante, ancienne église Sainte-Croix, Arles. Jusqu’au 30 octobre 2026.

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