Ici, dans ce vaste Couvent des Minimes***** qui a gardé de sa longue histoire son imposante structure comme sa sérénité, on ne parle pas de bien-être, mais de mieux-être. Cela s’applique sur tous les aspects d’une hôtellerie contemporaine propre à un resort qui mérite vraiment ce qualificatif malgré cet anglicisme. L’endroit est magique. Huit hectares de bonheur. Dans son environnement paysager qui invite à la promenade, que ce soit pour suivre le Chemin de Croix ou s’attarder dans le Jardin des Parfums, tous les bâtiments lumineux sous le soleil de Provence ont retrouvé leur splendeur.
Trois ans de travaux ! Si la chapelle et son clocher, le cloître ont été préservés, ils ont, à l’image de tout le site, bénéficié du talent des architectes du bureau suisse De Planta et Associés qui se sont attachés à respecter leurs engagements écologiques : le respect du lieu, l’emploi de matériaux nobles et la réutilisation de matériaux existants, l’utilisation du bois principalement du chêne, de la pierre de Verfeuille, en provenance de la carrière de Tavel, près d’Avignon et pour les façades, de la pierre d’Apt du Vaucluse ; la maîtrise de l’énergie : avec un système de chauffage géothermique et les besoins en eau chaude couverts majoritairement par des énergies renouvelables, la gestion de l’eau : avec des bâtiments équipés d’économiseurs d’eau et des espaces verts adaptés au climat, arrosés exclusivement avec l’eau du Canal de Provence. La partie historique du Couvent a fait l’objet d’une restauration minutieuse et a permis le sauvetage de quelques vestiges du passé : fresques religieuses, dessins, sculptures et portes anciennes, notamment grâce à Erwan Dantec, archéologue et restaurateur qui n’a pas ménagé son temps et son talent, comme les nombreux artisans engagés sur le projet.

49 chambres et suites qui invitent à la détente complète
Au final, je redécouvrais pièce par pièce cet établissement dont j’avais fait l’ouverture, il y a 18 ans, et qui a tellement changé tout en gardant son charme de toujours. Il y a beaucoup de lieux à visiter finalement. À commencer par le lobby, baptisé ici, comme il faudrait le faire partout, salon d’accueil. En l’occurrence l’ancienne chapelle. Avec 10 m de hauteur sous plafond, un sol en pierre de Bourgogne, la charpente et des portes d’origine, un sas thermique en bois et en verre, 18 vitraux restaurés laissant passer les rayons du soleil, la réception à elle seule donne le ton du nouveau Couvent : du style, de l’élégance, de l’authenticité. Il en sera ainsi partout, comme dans l’ancien cloître qui reçoit le bar l’Alambic avec sa superbe structure en bois conservée depuis la précédente rénovation, son déambulatoire d’origine et, en son centre, son bassin rond au murmure agréable.

Il est clair que les chambres ont aussi bénéficié de ces transformations et les 49 grandes chambres et suites (de 40 à 71 m²) dont 34 dans la partie historique, offrent un confort extrême. L’une d’elles, en duplex, a même élu domicile dans le clocher.
Deux aspects majeurs : le spa et la gastronomie
Pour autant, il a deux aspects principaux dans cet établissement : le spa et la gastronomie. Et quel spa ! Avec ses 2500 m², le Spa L’Occitane est sans conteste le point d’orgue du nouveau Couvent des Minimes et s’affiche comme l’exemple de tous les spas de L’Occitane dans le monde. Deux zones pour un bonheur entier : la zone sèche et la zone humide. Dans la première, un espace d’accueil généreux décoré d’herbiers en rapport avec les plantes utilisées par L’Occitane, 10 cabines de soins dont 2 en duo (merveilleuses et très professionnelles praticiennes), une salle de fitness, une autre de yoga, une autre encore pour la relaxation en lumière tamisée. La zone humide comprend deux piscines, l’une intérieure, l’autre extérieure et un bain froid où se plonger après le sauna. Elle a aussi sa salle de relaxation avec des fauteuils suspendus comme des cocons douillets près d’une cheminée. Le hammam, composé de deux pièces séparées par une fontaine provençale, les deux mixtes, l’une chaude, l’autre moins, jouxte les deux saunas en lumière naturelle qui permettent de contempler le paysage par une large baie vitrée. Un extraordinaire « bassin sensoriel » offre un parcours aquatique bienfaisant et ludique où l’on peut marcher et s’asseoir. On découvre aussi une grotte de sel, des jets froids ou chauds, de la luminothérapie et des douches sensorielles dont une douche de neige. Merveilleux.
Et quelle gastronomie ! Elle est double aussi avec d’un côté le bistrot, le « Pamparigouste », très courtisé par les gourmands de la région, sûrement autant pour son menu du midi à 38 €, très équilibré, son décor s’ouvrant sur la nature, son service enlevé, tandis que le restaurant gastronomique, Le Feuillée, met en avant une belle cuisine de saison menée par Louis Gachet, Meilleur Ouvrier de France. Pour la petite histoire, le restaurant a été baptisé en l’honneur de Louis Feuillée, un fils de paysan originaire de Mane entré aux Minimes en 1660. Remarqué par les moines pour ses aptitudes intellectuelles, il est envoyé à Marseille afin d’y poursuivre ses études. Ordonné prêtre, il écrit au Couvent deux traités de botanique remarqués par Louis XIV qui aime ses dessins et en fait son botaniste personnel.
Nous avons passé un excellent moment en compagnie de Louis Gachet et de son équipe. Autant pour sa cuisine (une étoile Michelin), qui mêle avec bonheur ses origines bourguignonnes et son parcours culinaire en Provence, notamment auprès d’Arnaud Faye à la Chèvre d’Or à Èze, toute de générosité, à son image. À noter que son épouse, Pauline, directrice de la restauration de l’hôtel, fait partie de la nouvelle génération de promus MOF 2026, au titre de la salle (Maître d’hôtel). Félicitations !
Le menu « Racines et Influences » qui nous a été servi (en 5 ou 7 plats, 165/205 €) était en tout point remarquable. Le Tourteau, artichaut, crème de Bresse, main de Bouddha, l’Huître tête de veau, gribiche, ‘nduja, caviar (son plat fétiche), la Langoustine, Sparassis, vin jaune, noix, le Loup, fenouil, tomate, pil pil, le Bœuf, échalote, verjus, raisin, les Agrumes, Orange Colombo, Fontainebleau, oseille et les Céréales chocolat, caramel, praliné… une suite exceptionnelle de saveurs.
Peut-être aurions-nous dû faire le spa « après » ces agapes ! Il faudra revenir.
Couvent des Minimes, Chemin des Jeux de Maï, 04300 Mane



