Apoticari fait souffler un vent d’artisanat sur la beauté contemporaine

Apoticari fait souffler un vent d'artisanat sur la beauté
©APOTICARI

Apoticari fait souffler un vent d’artisanat sur la beauté contemporaine

Flacon en verre, hydrolats naturels et plantes médicinales... Apoticari signe un retour aux sources avec une beauté sans artifices au cœur du Puy-en-Velay. Pour l'occasion, rencontre avec sa fondatrice, Elsa Snakers.

Plongée immersive dans l’Auvergne des volcans, des massifs montagneux et de la nature florissante. Là-bas, au Puy-en-Velay, contrée au patrimoine immuable, une boutique à la devanture olive s’est installée récemment. Son nom ? Apoticari. Bien plus qu’une marque, Apoticari rend hommage au savoir-faire des apothicaires tout en instaurant un rituel à travers des produits authentiques. À une époque où l’industrie cosmétique produit en continu, la marque auvergnate marque une pause avec des soins efficaces qui prennent en compte les besoins de notre peau et de la nature. Rencontre avec Elsa Snakers, la fondatrice, qui nous parle de son parcours, sa passion pour les plantes et ses projets futurs pour Apoticari.

Un récit familial bercé par l’âme du Puy-en-Velay

L’aventure Apoticari débute quelques mois auparavant, en octobre 2024, par une histoire de famille partagée entre Elsa Snakers, son mari et sa belle-sœur, Claire Chicha. Bien plus qu’une entreprise, Apoticari s’ancre dans un héritage régional au carrefour de l’artisanat et de l’apothicairerie. « En Auvergne, il y a vraiment une variété de plantes médicinales incroyables mais aussi de fleurs sauvages. Ma belle-famille est originaire du Puy-en-Velay et j’y vais depuis dix ans maintenant. La nature est tout simplement luxuriante là-bas ».

À deux pas de l’Hôtel-Dieu, ancien hôpital classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, Apoticari se nourrit des traditions apothicaires et de ses méthodes séculaires. « C’est une ancienne pharmacie avec des centaines de tiroirs en bois. Ils avaient jusqu’à 250 plantes médicinales endémiques et ils soignaient les pèlerins du chemin de Saint-Jacques de Compostelle avec ces dernières. Le but avec Apoticari, c’est de promouvoir un savoir-faire qui tend à être oublié », explique Elsa Snakers animée par le passé de cette ville dont elle est tombée amoureuse.

En parallèle, les fondateurs d’Apoticari se complètent avec des casquettes différentes. Elsa Snakers s’occupe de l’image et de la promotion d’Apoticari à Paris. Réalisatrice, elle a imaginé diverses campagnes en stop-motion pour de nombreuses enseignes de beauté, Guerlain entre autres. Désormais, elle se lance dans l’aventure Apoticari aux côtés d’une équipe soudée : « Les éléments ont un lien entre eux. J’aime l’animation stop-motion justement pour l’amour de l’artisanat. C’est la longueur, prendre le temps de faire les choses, la passion, la résilience…».

Dernier projet en date ? Une verveine en marionnette, réalisée avec l’artiste Raisa Balona, une manière de donner vie à une marque basée sur les plantes anciennes, le tout avec une touche d’humour pour démocratiser le savoir sans le rendre inatteignable. « Toucher le cœur des gens », une mission essentielle chez Apoticari. 

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Apoticari, un placard d’essentiels aux vertus salvatrices

Au carrefour de la cosmétique et de l’herboristerie, Apoticari propose une gamme limitée mais fondamentale pour nos routines quotidiennes. Crème, huile et savon… La maison auvergnate privilégie la qualité à la quantité ancrant de cette façon, sa démarche durable. Grande connaisseuse de son sujet, Elsa Snakers s’est renseignée avec minutie sur le pouvoir des plantes, des bourgeons – la gemmothérapie – et des fleurs. S’abreuvant des ouvrages d’Hildegarde de Bingen, nonne mais surtout guérisseuse avant-gardiste aux connaissances inépuisables, se forme même à l’herboristerie, une façon de boucler la boucle avec brio.

Les techniques mises en place par Apoticari se basent alors sur des pratiques ancestrales à l’instar de la saponification à froid, utilisée pour les trois savons Apoticari (caméline, verveine, ortie). De facto, Apoticari se veut à rebours des processus industriels qui accélèrent la production avec des températures bien plus élevées faisant perdre aux actifs leurs propriétés innées. Distingué et distinguable, le label fabrique ses hydrolats par distillation dans des alambics en cuivre à la façon des apothicaires en leur temps.

Côté sourcing, Apoticari travaille au fil des saisons aux côtés de professionnels auvergnats. « On travaille avec des paysans, des cueilleurs et des distillateurs. Ce sont des gens qui cultivent sur leurs parcelles des plantes et qui cueillent encore à la main », raconte Elsa Snakers qui leur rend souvent visite. Exit les grosses productions, Apoticari écrit sa durabilité à travers les packagings en verre qui font écho aux flacons d’apothicaires. Bientôt, les écrins utilisés auront le droit à une seconde vie grâce à une nouvelle initiative mise en place , « une coopérative locale de gens en réinsertion qui vont les nettoyer et les réutiliser ». 

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Mille et un projets à venir

Longtemps mis au banc de la société car pratiqué par les femmes, l’apothicairerie retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesse grâce à Apoticari. Disponible dans plusieurs points de ventes en France dont le concept-store Merci Paris, la marque souhaite continuer son expansion tout en gardant son essence. « C’est important de rester accessible pour les gens de la région car on a reçu beaucoup d’encouragement, ils en sont fiers et il est essentiel de valoriser les beautés du Puy-en-Velay », défend Elsa Snakers.

Au printemps prochain, le label ouvrira son propre spa au cœur de sa boutique en Auvergne, une envie qui correspond parfaitement à la superficie restante de l’échoppe. « On aimerait beaucoup ouvrir cet endroit pour mettre en place des protocoles de soin avec une facialiste qui utilisera les produits Apoticari », ajoute-t-elle. Au cœur de cet écrin d’exception, rien n’est laissé au hasard avec des sons qui évoquent la nature, un évier en pierre volcanique et le bois qui rappelle les étagères remplies de l’Hôtel-Dieu. Les détails sont ici travaillés à leur paroxysme pour proposer aux visiteurs locaux et aux passants, une expérience immersive.

Outre la cosmétique, Apoticari développe quelques objets pour la maison et complète ainsi son univers en faisant travailler des céramistes de la région. Gua sha, serviette en coton nid d’abeille ou encore bougie de cire végétale naturelle… Apoticari développe différents produits dans le respect constant d’un artisanat préservé. Une boutique à Paris ? La question reste en suspens tout comme la multitude de projets qu’Elsa Snakers garde en tête pour l’instant. Une esquisse qui marque le début d’une jolie histoire aux odeurs de camomille fraîchement cueillie…

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