Quand la lumière décline et les volets se referment, la ville s’éveille autrement. Aux Rencontres d’Arles 2025, le festival de photographie qui illumine la cité du 7 juillet au 5 octobre, les nuits ont ce supplément d’âme que les jours effleurent à peine. Elles ne ferment rien, elles ouvrent tout : les regards, les rythmes, les émotions. La photographie s’y décline en sons, en gestes, en récits, en fêtes. Les esprits se relâchent, les corps se rassemblent. Voici les nuits à ne pas manquer pendant la semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles. Trois mots d’ordre : vibrer, regarder, danser.
Théâtre Antique à Arles : le lieu où il faut être
Pendant le festival, le Théâtre Antique devient le cœur battant d’Arles. Monument emblématique, ce témoin exceptionnel de l’époque romaine inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui pouvait accueillir environ 10 000 spectateurs, accueille trois soirées d’exception qui mêlent photographie, littérature, musique et performance live. Trois nuits à ne pas manquer, trois moments suspendus, entre intensité politique et souffle poétique. Le lieu où il faudra être cet été. Trois nuits, trois vertiges :

Le 8 juillet
Nan Goldin x Édouard Louis
À l’occasion du Prix Kering | Women In Motion, Nan Goldin présente Memory Lost, une œuvre intime sur l’addiction, tissée d’archives et de sons. La partition est jouée en live par Eliza McCarthy. La soirée se prolonge par un échange inédit entre Nan Goldin et Édouard Louis, entre politique et émotion brute.
Le 10 juillet
MYOP, Mouawad et Gratte Ciel
Pour ses 20 ans, le collectif MYOP dévoile Mes Yeux Objets Patients, avec Laurent Gaudé, Oan Kim et 20 photographes. Wajdi Mouawad prête sa voix aux images d’Alain Willaume. Gratte Ciel sublime le ciel d’Arles avec son cirque aérien.
En écho : le Prix Madame Figaro – Arles célèbre une femme photographe.
Le 11 juillet
Le Live Magazine
Journal vivant né à Arles, Le Live Magazine revient : photographes, artistes et journalistes livrent récits intimes, enquêtes et confidences sous les étoiles. Chaque voix a son rythme, chaque histoire, son battement.
Cinéma à ciel ouvert dans la Cour Fanton
Siège historique des Rencontres de la photographie d’Arles, la disposition de la Cour Fanton en espace semi-fermé, presque secret, lui confère une atmosphère à la fois intime et animée. Cette adresse de rendez-vous, que l’on appelle le “salon à ciel ouvert” devient un des lieux les plus vibrants de la ville pendant le festival : on y débat, on y prend un café, on y lit, on y revient. Il y règne une ambiance à la fois bohème, studieuse et cosmopolite. Du 8 au 11 juillet, la Cour Fanton devient chaque soir, à 22h, un îlot de lumière et de récits engagés. Depuis 2019, les Rencontres d’Arles et Tënk y proposent une programmation documentaire à ciel ouvert : films rares, récits singuliers, créations audacieuses.
Mardi 8 juillet. BALOMANIA de Sissel Morell Dargis
Une sphère de papier plane au-dessus du Brésil. Balomania explore une pratique poétique et illégale : la fabrication artisanale de ballons à air chaud, entre ciel et résistance.
Mercredi 9 juillet. LISIÈRE (en présence de la réalisatrice Eva Tourrent)
Dans une clairière du Sud, une communauté féministe sans hommes perpétue l’héritage des Women’s Lands. Une utopie fragile, filmée avec justesse et sensibilité.
Jeudi 10 juillet. FABULOUS d’Audrey Jean-Baptiste (discussion après la projection)
Lasseindra Ninja, icône du voguing, revient en Guyane. Un film vibrant sur la transmission, la fierté queer et la force des corps face aux normes.

Vendredi 11 juillet ADIEU SAUVAGE de Sergio Guataquira Sarmiento En Colombie, un réalisateur part à la rencontre des Cacuas pour parler d’amour, d’émotions et d’identité. Une quête personnelle pleine de tendresse et d’humour.
Le grand bal de la semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles 2025
Le 12 juillet, place à la fête populaire et électrisante des Rencontres d’Arles. Dès 20h30, le quartier de la Cavalerie, la place Voltaire et la place Lamartine s’illuminent : une quarantaine de projections XXL défilent en boucle sur les écrans, mêlant coups de cœur, créations inédites et cartes blanches visuelles. Mais la nuit est aussi sonore, dansante, collective. Cette année, Konbini a carte blanche et sort l’artillerie groovy avec une programmation furieusement libre : DJ sets, performances, foodtrucks, bars, cabarets hybrides et beats tropicaux jusqu’à 2h du matin.

![Rencontres d'Arles 2025 Olivier Christinat. Le jardin de Dante [Il Giardino di Dante], 2014. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.](https://www.oniriq.fr/wp-content/uploads/2025/06/rencontres-darles-olivier-christinat-1600x0-1.png)


