Ces silhouettes fortes que l’on retient de la Fashion Week Haute Couture printemps-été 2026
Au tour de la Haute Couture ! Du 26 au 29 janvier 2026, les designers dévoileront leurs collections sur mesure pour le printemps-été 2026. Entre savoir-faire d'exception et messages subliminaux, OniriQ vous révèle, jour après jour, les silhouettes les plus marquantes de la saison.
Après les collections homme automne-hiver 2026-2027, c’est au tour de la semaine de la Haute Couture de nous tenir en haleine. Dans un Paris déjà très fatigué, les défilés s’enchaîneront du lundi 26 au jeudi 29 janvier 2026 afin de nous présenter les collections sur-mesure du printemps-été 2026. De Georges Hobeika à Schiaparelli, en passant par Zuhair Murad, voici notre récapitulatif, chaque jour, des silhouettes qui nous ont le plus marqué cette saison.
Les silhouettes Haute Couture marquantes du printemps-été 2026
Jour 1 – Lundi 26 janvier :
Le défilé Georges Hobeika
En ce premier jour de Haute Couture Week, comme on l’appelle, la maison libanaise Georges Hobeika nous invite à propager l’amour… Sur nos seats, un écriteau énigmatique réside : « Pourquoi tu m’as créé ? Pour que tu aimes. Pourquoi dois-je aimer ? Pour que tu comprennes ». Le message était clair, l’émotion allait être des nôtres au sein de la Cathédrale Américaine de Paris.
Dans sa collection, le duo père-fils de directeurs artistiques Georges et Jad Hobeika fait ainsi écho à tout ce que représente le fait d’être humain : ressentir, aimer, partager, chérir. Ces différents états d’amour coulent au fil des silhouettes par le biais de broderies minutieuses dévoilant tantôt des fleurs, tantôt des formes abstraites presque célestes. On les reconnaît également à la palette de couleurs qui, comme d’ordinaire, évolue à mesure que les minutes passent : du blanc, du beige, du doré, puis des teintes plus joyeuses et expressives comme le jaune, le rose, ou encore le violet.
Quand on regarde l’ensemble de la collection de Georges Hobeika, membre invité de la Chambre Syndicale de la Haute Couture depuis 2017, une silhouette en particulier nous cloue au sol. Et ce n’est pourtant pas la plus romantique. Bien au contraire.
Dans notre propre interprétation, le look n°42 exprime une autre facette de l’amour : celle d’une cage dorée. De l’extérieur, elle paraît idéale mais est en réalité étouffante. On retrouve parfaitement cette idée dans la robe, à la fois parfaite et maîtrisée par ses barreaux dorés qui apportent de la structure à l’ensemble mais qui, par la même occasion, enferment la personne qui la porte. Une vision particulière de l’amour, qui fait partie malheureusement de la vie de beaucoup, et qui reste trop peu représentée ou comprise.
Le défilé Schiaparelli
Alors qu’il était en retraite créative près de Rome, Daniel Roseberry, directeur artistique de Schiaparelli, a été inspiré lors d’une visite de la Chapelle Sixtine. De là, comme il le mentionne, lui est venu le fil conducteur de cette collection haute couture printemps-été 2026, en contemplant pendant des heures son iconique plafond-fresque, Le Jugement dernierde Michel-Ange. Ce lundi 26 janvier, en ouverture, il nous l’a ainsi dévoilé devant un panel de célébrités, à l’instar de Carla Bruni, Demi Moore ou encore Teyana Taylor.
Selon son interprétation de ce lieu saint, socle de cette nouvelle ligne, Roseberry part d’un principe clair : Michel-Ange ne raconte pas, il fait ressentir. Alors, au printemps, le designer américain fait de même en déclinant, sur son propre plafond, les muses Schiaparelli. Ces dernières se dévoilent, sous nos yeux attentifs, comme des créatures reptiliennes, aviares, abyssales et arachnides. De véritables chimères qui prennent de la place et imposent le volume, deviennent venimeuses à l’aide de crocs acérés, se coiffent de becs et de plumes, ou recouvrent même l’intégralité de leur corps de piques.
Dans cette harmonie très Schiaparelli, une silhouette nous marque : le look n°9. Sur le podium, il nous a instantanément fait penser à la figure de Médée, réputée dans la mythologie grecque pour être maîtresse des poisons et fille d’Hécate. Avec sa queue de scorpion en organza, son col montant plein d’allure et ses autres détails minutieusement brodés, la pièce s’érige sans nul doute parmi nos favorites de la semaine…
Le défilé Dior
Un cabinet de curiosités composé d’artefacts et de merveilles de la nature… Voici ce qu’annonce Dior, avant les débuts de son nouveau directeur artistique, Jonathan Anderson, au studio Haute Couture de la maison. Pour ce tout nouveau coup de maître, le designer irlandais s’est visiblement inspiré de Dame Nature et de ses merveilles.
Au printemps-été 2026, vous l’aurez compris : des fleurs, et encore des fleurs. Nous aurions pu rapidement souffler un « Florals? For spring? Groundbreaking. ». Mais nous n’en avons pas eu le temps tant notre souffle a été coupé court. Les premiers looks sont plus timides, dévoilant des robes ballons plissées, mais pour autant très maîtrisées. Puis, le tout s’emballe et on atterrit dans une sorte de jardin des merveilles où les fleurs prennent vie comme des déesses sauvages. Les œillets couvrent entièrement des robes, les gousses vertes s’échappent des jupes et la feuille de rhubarbe se porte comme un sceptre (gros clin d’œil à Loewe).
Sous la serre Dior, une pièce haute couture nous fait voir la vie en rose : le look n°33. Il se construit autour d’un bustier XXL ultra sculptural qui donne l’impression d’un bouquet, rehaussé de quelques herbes oubliées, noué autour du buste. En dessous, la robe tombe de façon naturelle, presque flottante, dans une teinte ivoire qui permet au haut de s’exprimer sans gêne. Un résultat très couture, qui ramène à la beauté même de la nature qui nous entoure.
Le défilé Tony Ward
Pour la saison printemps-été 2026, TonyWard a choisi une matière première à nulle autre pareille : lalumière. Au cœur de la Galerie de Géologie et de Minéralogie, le designer libanais explore une idée de diffraction et de transformation au fil de quelque 58 silhouettes couture.
Dans la collection, il y fait écho en recouvrant ses robes de cristaux, de pierres et d’effets « verre facetté ». Plus loin, les looks redessinent, d’une certaine manière, les corps au rythme des reflets, avec des tissus irisés. La palette suit, elle aussi, l’intention : des teintes dorées, argentées, bleues, jaunes, roses ou encore violettes.
La silhouette qui représente au mieux l’inspiration céleste de Tony Ward est, selon nous, la n°22. Avec son corset de fils dorés formant une mosaïque, sa cape scintillante se rabattant sur les épaules, et sa jupe aux reflets holographiques, la pièce devient la parfaite candidate à la « robe couleur de soleil » du long-métrage Peau d’Âne de Jacques Demy, dessinée par la costumière Jacqueline Moreau…
Le défilé Tamara Ralph
Tout comme son confrère Tony Ward, la créatrice australienne Tamara Ralph signe une collection qui joue sur la lumière et la précision du geste couture. Pour sa griffe éponyme, elle continue d’affiner son art à travers des silhouettes à la construction presque architecturale, où les plis évoquent l’origami et où chaque mouvement est pensé, jamais laissé au hasard.
La lumière traverse, comme indiqué, les pièces tel un fil conducteur : reflets nacrés, ors doux, broderies métalliques, et ainsi de suite, sans jamais tomber dans l’excès. On découvre également, à l’occasion du défilé, la première collaboration de Tamara Ralph avec T Henri, maison de lunettes artisanales. Une capsule exclusive présentée sur le podium, à retrouver d’ici peu.
Dans l’univers couture de la créatrice, du moins pour cette saison, une silhouette nous marque particulièrement : le lookn°3. Ce dernier dévoile un bustier orné de perles dorées brodées, une silhouette sirène sculpturale et un couvre-chef en plumes blanches dissimulant mystérieusement le visage.
Jour 2 – Mardi 27 janvier :
Le défilé Giorgio Armani Privé
En ce deuxième jour de Haute Couture Week, Giorgio Armani Privé a dévoilé sa vision sur-mesure du printemps-été 2026. Pour la collection de la griffe depuis la disparition de son fondateur, c’est sa nièce Silvana qui prend la relève en dévoilant « Jade », au sein du Palazzo Armani, avec toute l’émotion que l’on attendait.
Dans le détail, la ligne s’est révélée assez sobre avec des tailleurs jouant avec la transparence, des robes fluides ou bien encore drapées, et des tops au travail de maillage ou encore de rideaux. Ce qui frappe, en réalité, c’est la mer de verts qui traverse toute la collection, ce qui donne une sensation de calme et d’équilibre. Côté accessoire, les lunettes, fines et discrètes, ajoutaient un petit twist à certains looks trop classiques.
La collection était plus courte que d’habitude, ce qui permettait de vraiment s’attarder sur chaque pièce, et s’est naturellement fini sur le passage de la traditionnelle robe de mariée… Un hommage silencieux mais finalement puissant à Giorgio, tout en laissant passer la touche personnelle de Silvana pour Giorgio Armani Privé.
Le look qui nous a le plus marqué, lors de ce défilé, est cette robe bustier : une incarnation parfaite, selon nous, de l’essence « Jade ». L’équilibre parfait entre un top bustier brodé faisant doucement apparaitre la poitrine et une jupe en mousseline qui flotte avec légèreté et cache la seconde partie du corps. Les broderies ici présentes créent cet effet « coulée de lumière » évoquant le jade illuminé. Cette pièce pouvait également s’apparenter à ce moment de transition dans la maison : l’élégance intemporelle de Giorgio ainsi que le regard frais de Silvana.
La présentation Roger Vivier
Loin d’une silhouette, mais très proche de la Haute Couture. À sa nouvelle adresse, la maison Roger Vivier nous invite à une pause lors de cette Fashion Week pour découvrir Atelier Animalier, sa collection Pièce Unique. Mais alors, qu’est-ce qu’une Pièce Unique ? Tout comme les vêtements, les sacs ont également droit au sur-mesure chez Vivier, sous l’impulsion de son directeur artistique, Gherardo Felloni.
Chaque saison, ce dernier décline donc un panel de sacs totalement uniques, vous l’aurez compris, qui sont inéluctablement des œuvres d’art. À l’occasion du printemps-été 2026, le créateur italien s’inspire de l’animalier, l’un des codes fondateurs de Roger Vivier. Dans un parcours immersif au cœur de l’Atelier Vivier, on découvre ainsi chacun des onze sacs Efflorescence Jewel.
Véritable signature de la maison, chaque pièce devient un terrain d’expérimentation, sublimé par des plumes, des broderies d’exception, des cristaux et autres surfaces peintes à la main. Entièrement réalisées à la main, ces créations célèbrent un savoir-faire d’excellence et une vision du luxe affranchie des saisons, où l’héritage de Roger Vivier continue de s’exprimer à travers le présent.
De notre côté, nous avons eu un faible pour le sac « Zèbre Bonbon », dont la palette douce de rose et de blanc apporte une lecture lumineuse, nouvelle et apaisée de l’animalier. Les sequins circulaires qui bordent le sac, en écho à une paire d’escarpins imaginée par Roger Vivier en 1964, ajoutent un mouvement pétillant et joyeux, donnant à la pièce un air de conte de fées, tout en délicatesse et poésie. On ne peut que valider !
Le défilé Chanel
Tout comme pour Jonathan Anderson avec Dior, la saison signait les débuts à la haute couture de Mathieu Blazy chez Chanel. Sur une thématique plus ou moins similaire à son confrère irlandais, le franco-belge a plongé son défilé dans un décor très naturel, une autre version du jardin des merveilles. Ici, en revanche, ce ne sont pas les fleurs qui dominent, mais bien les champignons !
La première silhouette ouvre le bal : un tailleur, composé d’une jupe mi-longue, d’un chemisier et d’un fin blazer, le tout réalisé en transparence, laissant deviner les dessous. La tendance de la lingerie serait-elle également applicable au sur-mesure ? Visiblement oui, si l’on en croit Mathieu Blazy.
Plus loin dans la collection, le créateur semble s’éloigner davantage des codes de la maison pour nous proposer sa version de Chanel : plus expressive, plus rêveuse (parfois), et résolument plus couture. On aperçoit une robe translucide à broderies champignons, un ensemble en tweed graphique, un imprimé texturé jaune et noir, une robe de maille qui adopte une jupe en plumes, une autre aux mille textures, et ainsi de suite.
En prenant un pas de recul sur sa proposition du printemps-été 2026, il aura été plus que difficile de ne choisir qu’un look sur les 54. À la fin, nous avons tranché sur le n°33 et son côté spectaculaire. Le volume autour de la tête, réalisé en plumes, constitue une sorte de collerette organique qui complète l’esthétique globale de la collection. En outre, une lecture beaucoup plus fantastique de l’univers de Chanel que d’ordinaire, et c’est bien ce qui le rend aussi addictif aujourd’hui.
Le défilé Yanina Couture
C’est une Yanina Couture bien différente des autres que l’on découvre, ce mardi 27 janvier, au sein du Pavillon Cambon Capucines. Pour la saison printemps-été 2026, sa créatrice, Yulia Yanina, retrace l’histoire mythique de la jeune Gabrielle Chanel : de l’orphelinat, marqué par le silence et la solitude, jusqu’à l’éclosion d’une femme qui invente son luxe plutôt que de l’hériter, comme beaucoup.
Au travers de ses silhouettes, la griffe russe dessine ainsi une naissance intérieure, en mémoire à l’icône de mode. Tout d’abord, des lignes strictes, plus austères, oscillant entre le noir et le blanc, en référence à l’Abbaye d’Aubazine, en Corrèze, où Coco Chanel a séjourné plusieurs années durant son enfance. Puis, petit à petit, un réveil s’opère : une affirmation de soi, une féminité qui reprend le dessus, avec des pièces plus expressives, teintées d’ivoire, de beige et d’or.
Parmi nos passages favoris, on retient surtout le look n°20. Ce dernier représente, selon nous, très bien l’art de la Maison : sa spécialité en matière de broderie. Sur cette silhouette, Yulia Yanina célèbre l’épi de blé comme talisman de chance, de force et de croissance. Tout comme l’étoile qui a guidé Gabrielle Chanel dans son enfance sombre, le blé s’empare ici de la base fourreau noire pour l’éloigner du classique et l’élever vers un rendu couture.
Jour 3 – Mercredi 28 janvier :
Le défilé Robert Wun
De notre côté, nous aurions pu dire au revoir à la Haute Couture Week au défilé Robert Wun, tant ce dernier était mémorable. Car, après tout, pourquoi continuer quand la perfection est déjà atteinte ? À travers sa quatrième collection Haute Couture, « Valour », le créateur originaire de Hong Kong poursuit son ADN dark romance et le pousse même à l’extrême.
Pour le printemps-été 2026, Robert Wun décline sa ligne sur mesure comme un récit en trois chapitres. Tout d’abord, Library explore la naissance des idées, la recherche, avec des silhouettes brumées allant du noir au blanc. La deuxième partie, Luxury, illustre le désir et ses envies : on adopte le velours, le rouge romantique, la transparence, les masques en strass et les épaulettes. Le dernier chapitre, Valour, reprend, lui, le nom de la collection et aborde la notion de courage avec des pièces conquérantes et sophistiquées.
Dans les 25 silhouettes, pile le nombre nécessaire pour répondre aux réglementations du label Haute Couture, on tombe à la renverse face au look n°24. Avant-dernier passage, il s’impose par sa puissance : masque d’or, col en piques et manteau venant enfermer le jupon. Presque comme une statue, le mannequin domine la collection et marquera, des années durant, le style et les archives de Robert Wun.
Le défilé Zuhair Murad
Dans la famille des créateurs libanais qui transcendent la Haute Couture, on demande Zuhair Murad… Ce mercredi 28 janvier, quelques heures après son confrère Elie Saab, le couturier de 54 ans a dévoilé sa nouvelle collection printemps-été 2026. Dans l’enceinte du Palais de Tokyo, aux côtés d’un lustre gigantesque installé là, les silhouettes ont opéré « une renaissance silencieuse, née après les âges sombres, lorsque l’art s’impose comme une nécessité », précise un communiqué.
Sur les épaules de ses souveraines, Zuhair Murad appose la mémoire de mondes effondrés et la promesse de ceux qu’il reste à reconstruire. Il s’inspire de renaissances passées, à l’instar de l’Italie humaniste et de celle des années 1950, se joue des décennies dans les coupes et célèbre aussi la splendeur du génie humain en clin d’œil à ses ateliers. Dans la collection, on retrouve des drapés volumineux autour des hanches, des corsets coniques inspirés des années 1950, des tailles sculptées mais également du satin bleuté ou encore rosé, des constructions poussées, des cristaux qui parsèment le corps et des broderies qui embellissent les tissus jusqu’à en faire des œuvres à part entière.
Sur les 45 silhouettes au total, une en particulier incarne pour nous ce mariage de savoir-faire et de mémoire : la n°14. Cette robe est un véritable trompe-l’œil d’architecture, comme si Zuhair Murad avait posé un plafond baroque italien directement sur le corps de son mannequin.
Le haut, la partie la moins passionnante, se compose d’un bustier drapé « coquillage » dans un satin vert pâle. La jupe, en revanche, est le cœur de la pièce, avec sa coupe sirène, ses dorures en arabesques ainsi que ses motifs qui rappellent des moulures, des cadres et des symétries architecturales, le tout dans une impression de relief bluffante. En bref : pas seulement une robe, mais un décor à part entière, qui fait écho à l’Histoire et démontre aussi le soin des équipes, l’inscrivant dans le temps.
Le défilé Juana Martín
Lors de cette semaine de la Haute Couture à Paris, Juana Martín dévoile « Presagio», une collection où le cheval espagnol devient muse et symbole. Chaque silhouette exprime puissance, mouvement et transformation, à travers des volumes évoquant l’armure et des lignes inspirées de l’énergie et de la majesté du dit cheval.
Pour donner vie à cette vision, la créatrice espagnole s’entoure de ses fidèles artisans et collaborateurs afin mêler tradition et modernité dans ses silhouettes. De Málaga de Moda à l’Association du Cheval de Pure Race Minorquine, en passant par Calzados Franjul et Loha Spain, chaque détail renforce le récit. Avec Presagio, Juana Martín affirme également sa présence internationale en apportant une touche andalouse encore plus forte.
Impossible de passer à côté de cette robe, look n° 16, tant elle séduit par sa grâce et sa présence silencieuse. La légèreté du tule transparent, la fluidité de la silhouette et de ses volants ainsi que la délicatesse de la broderie argentée sur son corset créent un équilibre subtil enivrant. Elle ne recherche pas l’effet spectaculaire mais touche par son mouvement et l’émotion qu’elle dégage sur le podium.
Le défilé Viktor&Rolf
En ce 3ème jour de la Haute Couture Week, la maison d’Amsterdam Viktor&Rolf a présenté sa collection printemps-été 2026, « Diamond Kite» : une proposition couture placée sous le signe de l’élévation et de l’imaginaire.
Inspirés par les souvenirs d’enfance et la symbolique du cerf-volant, les créateurs nous livrent une vision de la liberté à la fois poétique et construite, où chaque silhouette semble dialoguer avec l’air. Fidèles à leur goût pour la mise en scène et la prouesse technique, ils explorent ici l’équilibre délicat entre concept et réalisation ainsi qu’entre rêve et structure.
On y retrouve notamment un contraste intéressant fait de silhouettes noires, graphiques et presque monumentales, ainsi que d’autres interventions plus légères, faites de tulles colorés et de volumes aériens. Ces touches chromatiques, volontairement spontanées, insufflent une forme de fraîcheur et d’optimisme à l’ensemble. Le défilé s’est conclu par un final suspendu, clin d’œil assumé à l’univers de Kate Bush, laissant une impression de flottement entre ciel et terre. Avec Diamond Kite, Viktor&Rolf signe une couture à la fois exigeante et émotive, où la rigueur de la construction n’empêche jamais l’envol.
Avant de passer au défilé suivant, comment ne pas évoquer la dernière silhouette, celle qui nous a littéralement mis la tête dans les nuages ? Suspendue comme hors du temps, cette apparition finale a fait retentir la salle avec sa forme de cerf-volant monumental. Une explosion de couleur, agrémentée de volumes aériens, d’une construction géométrique millimétré, le tout créant un moment de couture spectaculaire qui a marqué le reste de semaine…
Le défilé Elie Saab
À chaque saison, il s’agit de l’un de nos défilés les plus attendus de la haute couture… Pour l’occasion, la griffe libanaise Elie Saab nous emmène loin de la grisaille parisienne, direction une soirée d’été chaleureuse aux teintes dorées. Pour ce rendez-vous alléchant, nous avons retrouvé (et découvert) ses silhouettes au sein de la Cité de l’architecture et du patrimoine.
Après que les violonistes se sont installés et que les premières notes ont retenti, le défilé « Golden Summer Nights of ’71 » a pu commencer. Dans une veine très hédoniste, rare dans le domaine de la haute couture, on découvre tour à tour des looks inspirés de la jet-set des années 70, mais aussi du glamour à peine dévoilé des soirées d’été. Comme si elle ensorcelait « les artistes et aventuriers partout où elle passe », confie la maison, la femme Elie Saab apparaît dans des mailles métalliques sublimées de cristaux, des robes à plumes rappelant son côté sauvage, mais également des voilages transparents qui lui confèrent une liberté totale.
De ce que l’on a vu, on retient tout particulièrement la silhouette n°45. Pas tant pour sa coupe ou sa brillance, mais bien pour le travail qu’elle représente. Des milliers, si ce ne sont des centaines de milliers, de perles brodées à la main qui, une fois réunies, dévoilent une surface stupéfiante faisant écho au sable. Avec, en supplément, ses franges perlées qui apportent du mouvement, le look en question incarne à merveille cette inspiration de soirées d’été chaleureuses, de Milos à Marrakech, où le soleil réchauffe le sable avant que la nuit tombe. Promesse tenue : nous étions complètement dépaysés !
Jour 4 – Jeudi 29 janvier :
Le défilé Miss Sohee
Dans un genre différent de celui d’Hobeika, Miss Sohee décline, pour le printemps-été 2026, une collection autour de l’émotion. Après une ouverture signée par la théâtrale mannequin canadienne Coco Rocha, les silhouettes ont poursuivi dans une danse douce au sein de l’hôtel Shangri-La.
Passage après passage, on découvre la vision de la maison londonienne à l’héritage coréen. Pour la saison, sa créatrice et directrice artistique imagine des robes magistrales à écharpe royale, des modèles plus courts aux plumes volantes, des branches d’olivier dorées couvrant la poitrine, et même des broderies reprenant l’esthétique de la céramique chinoise bleu et blanc.
De loin, notre apparition préférée : cette robe en tulle transparent à plusieurs couches, ponctuée de quelques plumes blanches qui viennent apporter du volume au bas. Ce n’est pas le look le plus travaillé, on le reconnaît, mais les superpositions masquant l’intimité, le rendu simple mais dramatique et, surtout, le paon blanc, élégant en accessoire, rendent le tout tout simplement addictif. Comme si une telle légèreté avait manqué à notre semaine de Haute Couture.
Le défilé Rami Al Ali
En ce quatrième, et dernier jour de Fashion Week, on valide fort « Fragments in Harmony » de Rami Al Ali où la fracture se transforme en poésie. Inspirée par Rûmî, la collection parle de réparation, de transformation, sans pour autant frôler le littéral. Les silhouettes respirent, bougent avec le corps, se fragmentent puis se recomposent. Gros coup de cœur pour ce travail sur le mouvement qui donne à la couture une dimension vivante. Les contrastes sont maîtrisés : architecture nette adoucie par des superpositions légères, transparences, broderies qui relient les morceaux comme des sutures précieuses…
La palette lumineuse (ivoire, rose poudré, sauge, bleu délicat) apaise et élève, ponctuée d’accents dorés et nacrés qui font vibrer l’ensemble. Mention spéciale au travail textile : broderies façon mosaïque, organza et dentelle qui flottent, coutures volontairement visibles. Ici, réparer devient un geste noble. Et la musique originale signée Shora Karimi ? Elle enveloppe le défilé et le transforme en expérience sensorielle complète !
Dans cette dernière, c’est look n°3 qui nous a frappé, presque instinctivement : une silhouette qui incarne à elle seule l’idée de fragments recomposés. Les bandes dorées s’enroulent autour du corps comme des liens précieux, dessinant une architecture sensuelle. On aime ce jeu d’asymétrie, l’épaule dénudée, les découpes maîtrisées et cette matière texturée qui capte la lumière à chaque pas. Le mouvement est fluide, vivant et la robe semble se construire en marchant. C’est un look manifeste : puissant, féminin, résolument couture…