Dans le marathon des défilés, certaines découvertes donnent envie de s’arrêter quelques instants… C’était le cas de la présentation EENK, ce mardi 6 octobre, qui dévoilait sa nouvelle collection printemps-été 2027 à l’Hôtel d’Heidelbach, dans le 16e arrondissement de Paris. Une invitation que l’on attendait, tant celle de l’automne-hiver avait aiguisé notre curiosité.
De quoi nous donner envie de regarder les vêtements de plus près, mais aussi de découvrir celle qui les imagine. Nous avons donc rencontré Hyemee Lee, fondatrice et directrice artistique de cette griffe sud-coréenne qui, depuis quelques saisons, nous donne de bonnes raisons de suivre son ascension parisienne.
Hyemee Lee, la mode à la lettre chez EENK
Fondée en 2013 par Hyemee Lee, la marque coréenne EENK fait partie de ces quelques belles révélations dont on suit désormais les propositions avec un entrain particulier. Son nom évoque l’encre, « ink » en anglais, et emprunte son double E au prénom et au nom de sa fondatrice. Ce choix vient directement de son enfance. Petite, la jeune Hyemee passe son temps dans l’imprimerie de son père, où elle a développé une fascination pour les polices, les lettres et le papier. Un détail qui, vous le comprendrez de suite, aura toute son importance.

Dès le lancement de sa marque, la créatrice imagine l’alphabet comme un terrain de jeu créatif. Avec son « Letter Project », elle associe chaque collection à une lettre et à un concept. Une sorte d’exercice un peu scolaire, mais aussi une contrainte qui pousse son imagination dans ses retranchements. « Je crois que les contraintes de l’alphabet élargissent en réalité mon imagination », nous explique-t-elle.
Car une page entièrement blanche peut être plus intimidante qu’un point de départ bien défini. Et, comme elle le souligne, « une liberté illimitée ne mène pas nécessairement à davantage d’idées ».
Mais alors, comment passer d’un mot à un vêtement, nous direz-vous ? Hyemee Lee commence par construire une histoire, une atmosphère, en explorant les images, les époques et les références culturelles que ce mot lui évoque. De ces associations découlent ensuite les matières, les couleurs et les silhouettes. La collection prend ainsi forme, parfois dans des directions inattendues. « Ce qui me fascine, c’est la façon dont ce processus mène souvent à des idées que je n’aurais jamais anticipées », ajoute-t-elle.

À l’origine, pourtant, l’ambition était différente : imaginer des pièces en éditions limitées pour chaque lettre, de B à Z, avant de lancer une collection complète de prêt-à-porter sous le thème « A for All ». Le B avait notamment donné naissance à des bonnets, avec « B for Beanie ». Mais la marque grandit plus vite que prévu, et le projet évolue avec elle. Aujourd’hui, la designer envisage donc de prolonger la vie de certaines lettres à travers de nouvelles lignes, comme « C for Cosmetic » ou encore « B for Bridal ».
« Je considère toujours EENK comme une marque qui construit son alphabet, une lettre après l’autre. Ce qui a commencé comme une petite expérience créative est devenu un langage pour façonner l’avenir de la marque », résume-t-elle.
Et cet univers prend toute sa dimension lorsqu’il se donne à voir sur le podium. À Paris, où elle présente désormais ses collections depuis plusieurs saisons, Hyemee Lee soigne autant les vêtements que leur mise en scène. « Je pense une collection presque comme un film », nous confie-t-elle. Le décor, la musique, la beauté et le stylisme deviennent alors autant de façons de prolonger son récit, nourri par les sensibilités des artistes avec lesquels elle collabore.
Mais alors, quelle histoire souhaitait-elle nous raconter cette saison ? Pour le printemps-été 2027, la créatrice s’arrête sur le E, avec « E for EVOKE ». Un nouveau chapitre qui mérite qu’on s’y attarde.
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E for EVOKE, le romantisme libéré
Et si l’on prenait simplement le temps d’apprécier la beauté des choses qui nous entourent ? Avec sa collection printemps-été 2027, « E for EVOKE », Hyemee Lee s’intéresse justement à cette beauté du quotidien que l’on finit trop souvent par ne plus remarquer.
Pour lui donner corps, elle puise notamment dans la liberté de mouvement et d’expression gagnée par les femmes à travers la mode des années 1920. Une façon de nourrir son vestiaire, tout en célébrant cette période et en poussant tout un chacun à profiter de la vie.

Sur les silhouettes, cette idée globale se traduit par des robes et des jupes fluides, dont les étoffes accompagnent le mouvement. Certains nœuds, rubans et autres ornements viennent adoucir les volumes, tandis que le tailoring se pare de cravates et d’écharpes légères. Une allure d’une certaine façon relâchée, mais dont la construction reste des plus soignées.
Même douceur du côté des couleurs, dont la palette oscille principalement entre le noir et le blanc, ponctuée, par moments, de beige, de vert menthe, de rose poudré, de jaune clair ou encore d’un rouge plus expressif. Juste ce qu’il faut pour donner du relief à ce romantisme, et confirmer notre envie de découvrir la prochaine collection au plus vite…




