Il fallait bien que la marque finisse par prendre ses quartiers dans son berceau… En cet automne 2026, Éternel Parisien ouvre sa première adresse permanente au 39 passage Jouffroy, dans le 9e arrondissement de Paris. Imaginée avec le studio d’architecture PAF Atelier, cette ancienne librairie accueille désormais la maroquinerie, les foulards, les bougies et autres créations de la griffe.
Une ouverture qui s’est célébrée ce mercredi 4 novembre, au soir, et au cours de laquelle nous avons interrogé Gilles Rosier, fondateur et directeur artistique, sur cette envie de donner un cadre durable à Éternel Parisien.
Le temps de trouver sa place
L’histoire commence en 2019. Ou plutôt, comme le précise Gilles Rosier, c’est alors que naît le concept. « Puis la pandémie est venue bouleverser le calendrier initial », ajoute-t-il, presque amèrement. Finalement, en 2023, le projet arrive à maturation : la société se structure, le réseau de fabricants et la production se mettent en place, suivi de la constitution d’une équipe commerciale, puis, en 2025, de l’accompagnement presse d’une agence alors aussi en plein essor. La boutique, elle, ne figurait pas du tout au programme.
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C’est à la suite d’un premier pop-up, organisé en décembre 2025 et auquel OniriQ s’était à l’époque rendu, que Gilles Rosier réenvisage la chose. Après un succès significatif, le fondateur assure avoir comme pris goût à cet échange avec sa clientèle. Mais encore fallait-il trouver un lieu à la hauteur de ce qu’il voulait raconter et faire transparaître d’Éternel Parisien.
« Je souhaitais que cette première adresse soit bien plus qu’un simple point de vente : un lieu authentique, profondément parisien, capable de traduire l’esprit et l’esthétique de la marque. L’opportunité s’est présentée presque par hasard. Lorsque j’ai découvert cette ancienne bibliothèque du XIXᵉ siècle, j’ai immédiatement eu le sentiment d’avoir trouvé le lieu que je cherchais », nous confie le fondateur.

Pour celui qui a fait ses armes chez Dior auprès de Marc Bohan (ancien directeur artistique, ndlr.), avant de rejoindre Jean-Paul Gaultier puis de reprendre la direction artistique de Lacoste et la direction de création de Kenzo, cette ouverture permet aussi de préciser sa propre proposition. Observer les réactions, expliquer une pièce, prendre le temps d’accueillir : le quotidien d’une boutique vient désormais nourrir celui de la création.
Une ancienne librairie pour écrire la suite d’Éternel Parisien
Le déclic vient alors d’une façade verte. Romain Roz, le fondateur de l’agence ROMCOM qui suit la marque, attire l’attention de Gilles Rosier sur cette ancienne librairie, dont la couleur rappelle celle des fontaines Wallace et des kiosques parisiens, déjà présente dans les codes de la marque.
Dès la première visite, la devanture séduit Rosier, mais pas que… Les boiseries d’époque, la chaleur et les différents niveaux du lieu achèvent de le convaincre.

C’est donc sous les verrières du passage construit en 1847 qu’il décide de passer le pas. Accompagné de PAF Atelier, un studio créatif parisien spécialisé dans l’intérieur, il choisit d’introduire une écriture beaucoup plus contemporaine. Des cloisons coulissantes en métal perforé et en miroir cachent ou dévoilent les accessoires. Les étagères, rétroéclairées, installent une ambiance intimiste, tandis que des tapis en laine reprennent au sol les jeux graphiques des parois.
L’ancienne librairie conserve ainsi son caractère et son charme, avec juste ce qu’il faut de rupture pour y accueillir une nouvelle histoire. Son passé donne, d’ailleurs, quelques idées au directeur artistique : peut-être un jour personnalisations dans l’esprit des ex-libris, mais aussi, à terme, des carnets d’illustrations, des recueils photographiques ou des billets d’humeur qui pourraient élargir l’univers d’Éternel Parisien.

L’art de recevoir, tout simplement
Chez Éternel Parisien, les détails de Paris se lisent jusque dans les détails de création : un cuir évoque les moulures haussmanniennes, tandis que les charms se parent tantôt de citations gravées tantôt de personnages illustrés. Avec cette nouvelle adresse, vous l’aurez compris, Gilles Rosier peut désormais en raconter lui-même les références et leur donner plus de relief.
Ce dernier insiste surtout sur les attentions qui accompagnent la visite. Le packaging, le service, la possibilité de faire livrer ses achats chez soi ou à son hôtel… Autant de détails auxquels il tient et qui dessinent, inéluctablement, sa vision du commerce physique.

« J’aimerais qu’Éternel Parisien soit un lieu de rencontre, où l’on vienne autant pour découvrir des créations que pour retrouver un certain art de vivre parisien », conclut-il. Après plusieurs années à construire sa marque, Gilles Rosier dispose enfin d’une adresse où recevoir. Et visiblement, il compte bien y mettre les formes.
À découvrir, dès à présent, au 39 passage Jouffroy, dans le 9e arrondissement de Paris.



