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« Parce qu’il n’y a pas de planète B », à la découverte de la marque éco-responsable espagnole Ecoalf

« Parce qu’il n’y a pas de planète B », à la découverte de la marque éco-responsable espagnole Ecoalf

« Parce qu’il n’y a pas de planète B », à la découverte de la marque éco-responsable espagnole Ecoalf

Ecoalf, la marque qui rend à la Terre plus qu’elle ne lui prend, nous a fait découvrir son univers, son engagement pionnier et ses pêcheurs conscients. Focus sur une (re)génération d’acteurs du changement.

L’industrie textile… 1,2 milliard de tonnes de CO2 émises, 93 milliards de mètres cubes d’eau utilisés et environ 500 000 tonnes de microfibres plastiques produites chaque année. Une mince affaire, nous direz-vous. Et pourtant, dans le foisonnement des centaines de milliers de marques qui composent la mode, l’une d’entre elles porte une mission à contre-courant : rendre à la Terre plus que ce qu’on lui prend. Fondée en 2009 par le très engagé designer espagnol Javier Goyeneche, Ecoalf propose des lignes masculines et féminines réalisées à partir des déchets plastiques récoltés dans les océans. De quoi nettoyer la Terre et porter fièrement un message éco-responsable dans une industrie des plus polluantes. À la découverte d’une marque qui fait, vraiment, bouger les choses.

Upcycling the Oceans, une mission commune

Au détour d’un voyage presse, de Madrid à Ibiza, OniriQ est parti à la découverte de la marque espagnole Ecoalf. Pas simplement une visite lisse de ses boutiques, avec des représentants vantant les mérites de telle ou telle action. Une plongée sincère dans son engagement éco-responsable : Upcycling the Oceans.

Lors de son lancement, Javier Goyeneche, le fondateur, avait une mission précise en tête : proposer des produits recyclés de première génération avec la même qualité (et le même design) que les meilleurs produits non recyclés du marché. Une promesse, pas si simple et qu’il allait falloir tenir auprès de la clientèle. « J’étais déjà dans le milieu de la mode. Je connaissais ses rouages. J’étais également engagé dans la durabilité de l’environnement. Je me suis dit : “Pourquoi ne pas mixer les deux ?” », nous lance-t-il en début d’interview.

« Parce qu’il n’y a pas de planète B », à la découverte de la marque éco-responsable espagnole Ecoalf
©ECOALF

En 2009, la conscience écologique dans le secteur de la mode n’était pas encore très éveillée. Encore moins en Espagne. Javier savait alors qu’il y avait une opportunité de faire passer un message et, par la même occasion, de changer l’industrie à sa façon. « La mode responsable de l’époque était assez mal faite. On pouvait clairement voir qu’il s’agissait de matières recyclées, avec des designs très approximatifs. En lançant Ecoalf, je voulais marier la durabilité à l’innovation en proposant des lignes de vêtements toutes aussi belles et portables que les autres marques. Mais avec une action forte qui refaçonne la manière et l’impact de s’habiller sur la Terre », ajoute-t-il.

« Parce qu’il n’y a pas de planète B », à la découverte de la marque éco-responsable espagnole Ecoalf
©ECOALF

Après des débuts plus expérimentaux, où les premières collections étaient fabriquées à partir du plastique récupéré dans les centres de tri, la marque prend un tournant inédit en 2015. À l’époque, un pêcheur entend parler de la marque de Javier Goyeneche et le contacte. « Pourquoi ne pas utiliser, à la place, les déchets plastiques que l’on remonte dans nos filets et ainsi nettoyer le fond des océans ? »… Une idée que personne n’avait encore explorée.

Aujourd’hui, dix ans plus tard, ce ne sont pas trois pêcheurs, mais bien 4 500 mobilisés dans six pays différents : de l’Espagne à la Thaïlande, en passant par la Grèce, l’Égypte, l’Italie et la France. Un collectif considérable, réuni sous l’égide de la Fondation Ecoalf et du projet Upcycling the Oceans, qui comptabilise plus de 1 900 tonnes de déchets retirées du fond des océans et retransformées en mode éthique depuis ses débuts.

Le vestiaire d’Ecoalf

Que ce soit en boutique ou en ligne, on retrouve chez Ecoalf un vestiaire féminin et masculin tant citadin que sportif. Le style est minimaliste, les pièces contemporaines et les matières soit 100 % recyclées, soit à impact réduit. Cinq grandes sections divisent les collections (quatre par an, pour coller au mieux aux saisonnalités) : femme, homme, enfants, sport et bien-être. De quoi se construire une garde-robe complète de façon durable et engagée.

« C’est l’une de mes plus grandes réussites. Maintenant que la marque s’implante réellement, les clients ne viennent plus seulement acheter une pièce pour soutenir Ecoalf. Ils font entièrement partie de notre écosystème, priorisant notre démarche avant la fast fashion. Nos clients sont fidèles, adhèrent à notre histoire, la transmettent à leur façon en portant nos slogans. En quelque sorte, ils sont les ambassadeurs de notre mission », confie le fondateur, avec une émotion plus présente.

 

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En faisant notre tour habituel, nous avons remarqué dans la boutique une véritable identité. Peut-être était-ce le fait qu’il s’agisse de la toute première de la marque dans le cœur de Madrid, peut-être grâce à la décoration faussement négligée (dans le but de changer le moins possible l’espace et éviter les coûts/pollutions supplémentaires), ou peut-être encore en faveur des collections s’harmonisant ensemble.

De ses casquettes, T-shirts et pulls en coton biologique à ses sneakers en résidus de fibres de feuilles d’ananas, jusqu’à ses trenchs et gilets en polyester recyclé, un message prime : Parce qu’il n’y a pas de planète B.

À la rencontre des pêcheurs

Lors de notre découverte 360° d’Ecoalf, nous avons découvert ses boutiques, ses prochaines collections ainsi que ses bureaux, d’où tout est contrôlé. Mais la véritable pierre angulaire de la marque est, sans nul doute, l’action de ses pêcheurs au quotidien. Rendus à Ibiza, nous sommes allés à leur rencontre à la Marina afin d’avoir une vision plus précise de leur implication dans le ramassage des déchets.

Entouré de son équipage, déchargeant les récoltes du jour, Nacho Llorca se tient comme un loup de mer (expression utilisée pour désigner les vieux marins expérimentés). Imperturbable, tanguant sur le sol ferme, le cinquantenaire est à bord de son navire depuis plus de trente ans. Sa chevelure bouclée, façonnée par le vent, en est la première preuve. Son espagnol est presque inaudible, tellement il parle vite, mais on ressent dans son discours une certaine fierté de faire partie des « héros de l’océan » d’Ecoalf, comme la marque les appelle.

« Parce qu’il n’y a pas de planète B », à la découverte de la marque éco-responsable espagnole Ecoalf
©TOM KUNTZ

En réalité, Nacho n’est pas n’importe quel héros. Il est le premier à avoir contacté Javier. Pêcheur de longue date, l’homme était plus qu’au courant de la pollution plastique des abysses. Parmi les 12,7 millions de tonnes de plastique qui atteignent les océans chaque année, seulement 9 % sont recyclées. Un élément gravissime qui joue à la fois sur le confort de sa profession ainsi que sur le biotope qu’il exploite et côtoie. En entendant parler de la marque via la presse, au début des années 2010, il invita Javier Goyeneche à une journée de pêche classique. De là commença l’histoire de la Fondation que l’on connaît aujourd’hui.

La récolte du jour de Nacho n’était malheureusement pas conséquente. Quelques bouteilles, des sachets plastiques et un tube en cuivre rouillé. « D’habitude, c’est beaucoup plus », précise-t-il en pointant le bac de déchets. « On stocke les détritus que l’on remonte chaque jour pendant deux semaines, et Ecoalf les récupère à chaque fois pour ensuite en faire des vêtements. »

« Parce qu’il n’y a pas de planète B », à la découverte de la marque éco-responsable espagnole Ecoalf
©TOM KUNTZ

Des pêcheurs engagés comme Nacho, l’enseigne en compte aujourd’hui beaucoup. Pierre, Eduard, Alain, Cyrille, Alessio, Sylvie, Xavi, José, Yaser et tant d’autres ayant choisi de « faire partie de la solution plutôt que du problème », comme le précise le site d’Ecoalf.

Le coton régénératif, comme extension

Dans un monde toujours plus compétitif, les pratiques agricoles industrielles et la fast fashion sont devenues la norme, privilégiant le profit au détriment des personnes et de la planète. Ces méthodes appauvrissent les sols, polluent l’eau et ne tiennent aucun compte des moyens de subsistance de ceux qui cultivent nos vêtements.

Ecoalf, en plus de ses actions dans les océans, a décidé d’élargir sa présence dans le bien-être environnemental en s’engageant également en Asie aux côtés de Materra, leader dans la culture d’un coton résilient face au climat, transparent et équitable pour la planète. Ensemble, ils « réécrivent le récit en introduisant la culture de coton régénératif, un processus qui ne se contente pas de réduire notre impact, mais qui crée un impact positif », comme le mentionne un communiqué.

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ECOALFxMATERRA®

Comprenez ici qu’au lieu d’épuiser les sols avec des rangées interminables de coton, les agriculteurs pratiquent l’interculture, en plantant des cultures alimentaires aux côtés du coton, pour créer un écosystème équilibré qui profite au sol. Les pesticides, eux aussi, changent en passant du synthétique néfaste au retour volontaire des insectes bénéfiques, qui contrôlent naturellement les nuisibles.

« Au lancement du projet, 20 maîtres agriculteurs ont été formés aux techniques régénératives. Ces agriculteurs ont observé une amélioration de la santé des sols et une hausse des rendements, inspirant d’autres membres de leur communauté. Aujourd’hui, le projet s’étend à plus de 4 000 agriculteurs dans le Gujarat, l’un des principaux États producteurs de coton en Inde », continue le document.

 

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Avec cette collaboration, comme extension de son engagement premier, naissent les essentiels les plus doux et les plus durables d’Ecoalf : des T-shirts intemporels en blanc, gris et noir, sans logo, accompagnés de deux modèles en édition spéciale arborant le message « (Re)generation of Storydoers ». Soit, en français, « une (re)génération de faiseurs d’histoires ». Pour un lien, et un écho encore plus fort, chaque modèle est muni d’un QR code unique permettant aux consommateurs de retracer son parcours jusqu’au village exact où le coton a été cultivé.

À travers des initiatives comme Upcycling the Oceans ou la culture régénérative du coton avec Materra, Ecoalf ne se contente pas seulement de limiter son impact : elle œuvre à régénérer les écosystèmes marins et agricoles, en engageant des milliers de pêcheurs et d’agriculteurs à travers le monde. Brillant.

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