Petite cuillère, grands principes : quand Carmel remet le couvert

Petite cuillère, grands principes : quand Carmel remet le couvert

Avec ses 457 000 abonnés, Carmel transforme les réseaux sociaux en véritable salon de thé digital. Entre bonnes manières et clins d’œil pop, elle prouve qu’on peut être élégante sans être ennuyeuse. Et oui, même un Happy Meal peut se servir avec grâce.

Dans un monde où les repas se prennent souvent sur le pouce, entre deux notifications et une story Instagram, l’art de la table semble, à première vue, appartenir à une époque révolue. Pourtant, un vent de nostalgie chic souffle sur les réseaux sociaux. Les esthétiques “old money“, “soft life” ou encore “slow living” remettent en lumière des codes que l’on croyait oubliés : l’élégance d’un dîner dressé, la poésie d’une serviette en tissu, ou encore la délicatesse d’un remerciement glissé avec le dessert.

C’est dans ce contexte que Carmel, jeune influenceuse au charme discret et à l’élégance assumée, a trouvé sa voix – et sa voie. Sur ses réseaux, elle démystifie avec fraîcheur et bienveillance les codes du savoir-vivre et de la réception, loin des clichés guindés. Entre une mise en scène inspirée de Bridgerton, un clin d’œil à Downton Abbey, et quelques touches plus contemporaines façon Emily in Paris, elle réconcilie l’élégance et la modernité.

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CARMEL / INSTAGRAM

Mais au fond, peut-on vraiment recevoir avec grâce autour d’un burger ? Est-il acceptable de filmer son assiette avant de trinquer ? Et quelle est, aujourd’hui, la faute impardonnable à table ? Autour d’un échange à la fois chic et décomplexé, elle nous partage sa vision d’un art de vivre à la fois accessible, joyeux et résolument ancré dans son temps.

Alice Masson : Comment êtes-vous tombée amoureuse des bonnes manières et de l’art de la table ?

Carmel Assa Kibambo : Tout a commencé avec mon papa, qui nous donnait des cours de bonnes manières à table le soir. C’était un jeu, mais aussi une forme d’éducation très douce et valorisante. Puis, en étudiant le droit des affaires, j’ai réalisé à quel point les codes, parfois silencieux, sont puissants. Que ce soit autour d’un repas professionnel ou dans une rencontre importante, le savoir-vivre devient un langage subtil, mais essentiel. Et surtout, j’ai toujours aimé être bien accueillie : c’est une sensation qui m’a donné envie, naturellement, de faire la même chose pour les autres.

Quelle place les codes du savoir-vivre ont-ils dans notre société actuelle, où tout semble aller très vite ?

C. A : Ils ont une place essentielle. Dans un monde qui va à toute allure, les bonnes manières sont un ancrage. Elles permettent de vivre ensemble, de se respecter et de respecter les autres. Un simple exemple : dans un open space, dire bonjour le matin à ses collègues, c’est presque un acte de civilité rare. Et pourtant, ce petit geste change l’ambiance d’une journée. Le savoir-vivre, c’est un outil d’humanité dans un quotidien souvent trop digitalisé.

Peut-on bien recevoir même avec un repas très simple, voire un fast-food ? Quelles seraient vos astuces pour rendre cela chic ?

C. A : Absolument. Pour moi, l’élégance n’est pas uniquement dans ce que l’on sert, mais surtout dans comment on le sert. Bien sûr, l’idéal est d’allier les deux, mais on peut transformer un repas très simple avec quelques attentions : une table bien dressée, des verres assortis, une jolie serviette en tissu, une fleur fraîche dans un petit vase, une musique d’ambiance… Même des burgers peuvent devenir élégants s’ils sont présentés dans de belles assiettes, accompagnés d’une boisson servie dans un verre à pied. L’élégance, c’est le soin qu’on met dans l’accueil.

Raffinement authentique ou mise en scène superficielle : comment faire la différence sur les réseaux sociaux ?

C. A : Il faut toujours garder un esprit critique face à ce qu’on voit en ligne. Les réseaux sociaux peuvent sublimer la réalité, mais parfois, ils la déforment. Pour moi, le vrai raffinement ne cherche pas à impressionner, mais à exprimer quelque chose de cohérent et durable. Porter plusieurs fois un vêtement de qualité, vivre selon ses moyens, choisir des objets qui durent : tout cela fait partie de l’élégance authentique. Je précise souvent que je ne montre pas des choses à « acheter », mais des inspirations à vivre. Le luxe, ce n’est pas une accumulation de logos, c’est une façon de prendre soin de soi et des autres, en conscience. L’élégance, ce n’est pas ce qui brille : c’est ce qui reste.

L’art de recevoir a-t-il encore sa place aujourd’hui ?

C. A : Oui, et je dirais même qu’il revient en force. On sent un vrai besoin de connexion. Recevoir, ce n’est pas seulement faire un dîner parfait, c’est créer une atmosphère, un cocon. Une lumière tamisée, une belle playlist, un plat maison même tout simple : ce sont des gestes qui disent « je t’accueille chez moi, tu es important ». Dans un monde pressé, ces instants deviennent des bulles précieuses.

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CARMEL / INSTAGRAM

Certaines règles de savoir-vivre sont perçues comme élitistes. Comment les rendre accessibles et inclusives ?

C. A : En les expliquant avec bienveillance. Beaucoup de ces règles sont là pour faciliter les relations, pas pour les compliquer. Dire bonjour, écouter sans couper la parole, remercier : ce sont des marques de respect universelles. Il faut désacraliser le savoir-vivre sans le banaliser, montrer qu’il est une source de douceur, pas de pression. Et surtout ne jamais juger ceux qui ne les connaissent pas. L’élégance, c’est aussi l’humilité.

Le multiculturalisme influence-t-il votre approche des bonnes manières ?

C. A : Oui, énormément. Chaque culture a ses codes d’accueil et de respect, et c’est une richesse inestimable. J’aime m’inspirer de l’hospitalité congolaise – préparer de grandes quantités de nourriture, et si des restes subsistent, proposer aux invités d’emporter ce qu’ils ont particulièrement apprécié – de la discrétion japonaise, de la chaleur italienne. Intégrer ces gestes venus d’ailleurs, c’est enrichir notre manière d’être ensemble. L’élégance est universelle, elle s’adapte sans jamais trahir sa sincérité.

Quel est le rôle d’une influenceuse dans la transmission des bonnes manières ? Éducation ou inspiration ?

C. A : Un peu des deux. Il ne s’agit pas de faire la leçon, mais de montrer qu’il est possible de vivre avec élégance, même dans un quotidien simple. Inspirer, c’est donner envie, éduquer, c’est transmettre avec douceur. En partageant des idées, des gestes, des réflexions, je veux ouvrir des portes, pas imposer un modèle. Et surtout, rappeler que chacun peut trouver sa propre version de l’élégance.

Avez-vous des retours négatifs sur les bonnes manières jugées désuètes ? Comment réagissez-vous ?

C. A : Oui, cela arrive. Certains voient ces codes comme « vieux jeu ». Je comprends ce point de vue, mais je leur explique que beaucoup de ces gestes ont un sens profond : ils expriment le respect, la considération, l’attention. Rien de tout cela n’est obsolète. Et souvent, quand on explique le pourquoi derrière la règle, les gens changent d’avis. Le savoir-vivre n’est pas une prison, c’est une liberté maîtrisée.

Quelle est votre définition contemporaine de l’élégance ?

C. A : C’est une cohérence entre ce que l’on est, ce que l’on dit, et ce que l’on fait. L’élégance, ce n’est pas seulement l’apparence, c’est une manière d’être au monde, avec respect et intention. Une personne élégante est celle qui met les autres à l’aise, sans effort, avec discrétion. C’est une forme de douceur qui ne cherche pas à briller, mais à éclairer.

Trois conseils simples pour « recevoir avec grâce » en 2025 ?

C. A : Soignez l’accueil ; un sourire, un mot chaleureux, une attention personnalisée mettent immédiatement à l’aise.
Valorisez la simplicité : pas besoin d’un repas compliqué. Un plat fait maison, bien présenté, suffit largement.
Écoutez vraiment : être présent, poser des questions, faire sentir à l’autre qu’il est important, c’est le cœur de l’élégance.

 

Pour être incollable sur les tendances art de vivre d’après Carmel, vous pouvez suivre ses aventures sur son compte instagram.

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