À Saint-Estèphe, sur les terres des grands crus classés du Médoc, à 1H30 de Bordeaux, une chartreuse du XIXe siècle a trouvé une nouvelle jeunesse sous la bannière de Michel Reybier Hospitality. Ni hôtel classique ni maison d’hôtes, La Maison d’Estournel cultive un art de vivre rare : celui d’une maison de campagne ultra-cossue, au luxe extrême sans ostentation, où l’on se sent choyé, à mille lieues des codes hôteliers. Dès l’entrée, le ton est donné : ici, pas de check-in formel. On vous accueille autour du grand comptoir de la cuisine ouverte, un flan maison à la main, un verre d’infusion fraîche pour vous souhaiter la bienvenue. On circule librement entre le salon à la cheminée traversante, la bibliothèque, la salle à manger, comme dans une maison de famille que l’on retrouve après une longue absence.


Une retraite raffinée au cœur des vignobles du Médoc
Tout respire la douceur : 14 chambres baignées de lumière réparties sur deux étages, aux matières naturelles choisies avec soin par le designer anglais Alex Michaelis. Chêne massif, lin brut, velours, teintes sourdes et détails inspirés de la vigne : une atmosphère élégante et feutrée, accordée au murmure du parc alentour. Dans le jardin, un potager à l’ancienne aligne ses lignes sages derrière un rideau de cèdres et de bambous. Des courgettes jaunes, des fraises des bois, des œufs du poulailler, du miel issu des ruches… “C’est une page blanche qui s’écrit avec ceux qui séjournent ici“, glisse le manager de la maison. On y croise parfois des enfants venus récolter une laitue, pendant que d’autres s’essaient à la pétanque ou paressent au bord de la piscine chauffée de 18 mètres.

Cuisine locavore et grands crus : l’art de vivre à la Maison d’Estournel
La table, elle, vaut à elle seule le détour. Chaque soir, le chef Émilien Deschamps compose une carte courte, vivante, dictée par les saisons et les récoltes du jour. “Notre potager, nos poules, nos fruits… et une majorité de produits sourcés localement : c’est une cuisine de marché avec l’exigence d’un palace, mais l’âme d’une maison.” En semaine, un menu déjeuner à 39 € séduit aussi une clientèle d’affaires discrète, issue des propriétés alentour. Dès mai 2025, une « Table de Partage » nichée dans la cave voûtée accueillera les épicuriens autour d’un menu en cinq services, imaginé pour être vécu comme une expérience. Ce soir-là, une tartelette aux courgettes jaunes du jardin ouvrait le bal, déclinée avec des légumes récoltés sur place, le tout sublimé par un Cos d’Estournel 2014, dont la puissance répondait aux saveurs terriennes du plat. Ici, chaque assiette raconte une histoire de saison, et chaque verre, une émotion tirée du chai.
Les Bordelais, eux, ne s’y trompent pas : certains y réservent “leur” chambre plusieurs fois par mois, comme on retournerait dans un lieu intime. Oreiller personnalisé, gamelles gravées au nom des chiens, soin dans la yourte entre deux siestes… Été comme hiver, chacun vit ici sa parenthèse à son rythme.

Et puis, il y a l’incontournable visite de Cos d’Estournel, à deux pas. Pour 70 €, les hôtes peuvent découvrir les caves du château, explorer la fameuse “bibliothèque” alignant les millésimes du domaine, ou encore déguster trois vins d’exception dans la fraîcheur des pierres anciennes. Un rendez-vous hors du temps, mené par des guides présents depuis plus de dix ans.
Côté bien-être, La Maison d’Estournel a récemment inauguré une yourte nichée au cœur du parc. Sous la fraîcheur des arbres centenaires, cette bulle isolée propose des soins signés Nescens (marque suisse experte du vieillissement en santé ) dans une approche holistique de l’hospitalité. Massage facio-crânien, shiatsu, rituels relaxants ou énergisants : ici, on lâche prise pour mieux se reconnecter. Entre escapades au bassin d’Arcachon, virées à Saint-Émilion ou pique-niques à l’ombre des arbres, la conciergerie tisse un séjour sur mesure. Mais le vrai luxe, ici, c’est peut-être ce sentiment rare d’être attendu, reconnu, et libre d’inventer son rythme “comme à la maison” mais avec les codes d’un grand cru.




