À Paris, entre deux vitrines de luxe et mille histoires oubliées, se cache un monde discret, brillant, millimétré. L’École des Arts Joailliers, fondée par Van Cleef & Arpels, est l’une de ces institutions du geste et savoir, du prestige et de la transmission. Pour la toute première fois, elle ouvre au grand public les portes de l’Hôtel de Mercy-Argenteau, un joyau du XVIIIe siècle niché boulevard Montmartre. Mais ne vous y trompez pas car il ne s’agit pas de visites guidées, plutôt d’une découverte des rouages intimes d’un art qui fait naître l’émotion à partir d’un grain d’or. Le temps d’un week-end, les visiteurs plongeront dans une enquête à ciel ouvert sur ce que Paris cache de plus précieux, sa tradition joaillière.

L’art joaillier, un mystère bien gardé sous les toits parisiens
On connaît les boutiques éclatantes de la place Vendôme. Moins l’endroit où se transmettent, avec humilité et passion, les gestes qui mènent à ces merveilles. L’École des Arts Joailliers, créée en 2012, s’est installée depuis juin 2024 dans l’Hôtel de Mercy-Argenteau, l’un des plus anciens hôtels particuliers de Paris encore debout. Une première. Jamais jusque-là ce lieu emblématique n’avait été ouvert au public. Les 20 et 21 septembre 2025, il sera pourtant le théâtre d’une série d’expériences pensées pour éveiller les regards.

Photo Benjamin Chelly
Expositions, démonstrations, ateliers, conférences… tout a été conçu pour explorer non seulement la beauté du bijou, mais aussi son âme. L’événement phare ? Une reconstitution fascinante d’un torque celte vieux de plus de 2 000 ans, en or massif. Un objet archéologique devenu défi contemporain pour les chercheurs. « Reconstituer ce torque, c’était comme remonter le temps à travers les mains », confie un artisan de l’équipe de l’école. Car ici, l’histoire se transmet par le geste.
Une école pas comme les autres, pour comprendre ce que l’œil ne voit pas
À l’École des Arts Joailliers, il règne cette volonté farouche de démocratiser un monde trop souvent réservé à une élite. Cours ouverts à tous, sans prérequis, immersion dans les ateliers, discussions avec des gemmologues et historiens de l’art… On y enseigne aussi bien la chimie des pierres que la poésie des bijoux anciens. Léonard Pouy, historien et auteur, l’affirme lors de sa rencontre prévue pendant le week-end : « Ce lieu n’est pas un musée figé, c’est une fabrique de regards. »

Et l’on découvre que derrière chaque bijou, il y a une histoire humaine. Celle du comte Mercy-Argenteau, conseiller discret de Marie-Antoinette, dont l’hôtel fut témoin de la cour et de ses drames. Celle des artisans d’hier, dont les outils renaissent sous les doigts d’élèves d’aujourd’hui. Celle des enfants invités à toucher, à créer, à comprendre par la transmission de Caroline Benzaria, professeure à l’École des Arts Joailliers. Et c’est peut-être ça, la vraie mission de cette école, un art de vivre et de ressentir.



