Le Mâle Élixir, c’est lui, Nomade, c’est lui, Angel Muse, encore lui… S’il ne se destinait pas à devenir parfumeur – il a d’abord suivi des études de musiques avant de devenir directeur artistique d’une compagnie de théâtre – Quentin Bisch a signé de nombreux best-sellers pour Jean Paul Gaultier, Paco Rabanne, Saint Laurent, Mugler ou encore Chloé. Sa dernière création, “Bois Impérial”, est quant à elle née d’une nouvelle collaboration avec Essential Parfums. Mêlant des notes de basilic thaï, pamplemousse, poivre de Timut, vétiver haïtien, Akigalawood (extrait biotechnologique du patchouli), patchouli indonésien et Ambrofix, elle se décline également en bougie et gel mains pour l’adopter jusque chez soi. Pour nous en dire davantage sur ses sources d’inspiration et son univers olfactif, Quentin Bisch a répondu à quelques questions.
Quelle est l’odeur qui vous ramène instantanément à votre enfance ?
La bougie qu’on souffle sur un gâteau au chocolat. C’est l’odeur des anniversaires, de la joie, des cadeaux et de l’amour familial.
Le premier parfum que vous avez porté ?
À dix ans, L’eau de Rochas puis Habit Rouge.
L’odeur dont vous ne pouvez pas vous passer ?
Celle de l’être aimé, l’odeur d’une peau exhalant le tabac blond, la bruyère et le musc.
L’odeur qui vous inspire le calme et la sérénité ?
Celle des feux de bois, l’odeur d’une cheminée, même éteinte et les odeurs de vieilles maisons endormies pleines de souvenirs.
L’odeur qui vous fait voyager ?
L’absolue d’ylang, la fleur reine des Comores. J’ai eu la chance de la rencontrer sur les pentes insulaires de Moheli. Elle déploie ses pétales comme un reptile solaire en nuances de jaunes et de vert fluo. Elle sent le monoï, la banane et la lumière.
L’odeur de l’amour ?
Un grand bouquet de freesias avec des feuilles de cassis.
L’odeur improbable que vous aimeriez mettre en flacon ?
L’odeur de la neige, entre silence et scintillement.
Une odeur pour définir la personne que vous êtes aujourd’hui ?
Peut être le vétiver. Une matière entre ombre et lumière elle est aussi sombre et fumée qu’elle est lumineuse et fraîche. Une matière riche de paradoxes, qui vibre, en mouvement.
Le parfum qui ne vous quitte jamais ?
L’eau de toilette Kelly Calèche d’Hermès. Mon seul parfum fidèle depuis sa sortie il y a 17 ans. Un habile accord de fleurs et de cuir irisé. Une élégance, une sophistication.
Vos matières préférées en parfumerie ?
Demanderait-on au pianiste quelle est sa note préférée ! Les matières sont les ingrédients constituant un parfum : elles ont une utilité pour servir un propos. Chacune raconte quelque chose de passionnant pour peu qu’on lui donne la parole et qu’on l’écoute.
Votre secret d’expert pour un parfum qui tient toute la journée ?
Le dosage importe, bien sûr. Mais le secret réside avant tout dans l’équilibre d’une formule qui jamais ne s’écrase, le plus tard s’essouffle. Une formule qui laisse ses ingrédients vibrer, une formule faite de contrastes.
L’odeur que vous détestez le plus ?
L’odeur des chiens mouillés !




