Décryptage : le PRP pour renforcer les cheveux

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Décryptage : le PRP pour renforcer les cheveux

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Dans l’univers en constante évolution de la médecine esthétique, le Plasma Riche en Plaquettes (PRP) s’est imposé comme l’une des solutions les plus efficaces pour traiter la perte de cheveux. Dans cette interview, Franck Dahan, médecin esthétique spécialisé dans les pathologies du cuir chevelu à la Clinique du Grand Paris, nous éclaire sur les applications de ce traitement et ses bienfaits.

Qu’est-ce que le Plasma riche en Plaquettes (PRP) ?

Le plasma représente 55% du volume sanguin total. Il est constitué majoritairement d’eau (90%), il contient aussi des nutriments, des lipides, des hormones, des facteurs de coagulation, des sels minéraux, des protéines et des métabolites issus des différentes réactions de l’organisme. Sa couleur est jaune. À partir d’un échantillon sanguin (prise de sang), il est obtenu par centrifugation dont les paramètres (tours/minute, durée, force centrifuge) permettent d’en extraire une quantité plus ou moins importante de plaquettes activées qui libéreront à leur tour de grandes quantités de facteurs de croissance qu’elles renferment.

Comment fonctionne une injection de PRP ?

Le plasma enrichi en plaquettes est injecté directement dans le cuir chevelu au moyen d’un pistolet automatisé à travers une aiguille stérile à usage unique. Bien injecter (fréquence, profondeur, quantité de dépôt par injection) est tout aussi important que les paramètres de la centrifugation.

Comment le PRP agit-il sur la perte de cheveux ?

Les plaquettes renferment une vingtaine de facteurs de croissances dont : PDGF, VEGF, TGF-bêta, EGF, CTGF, ILGF1 et ILGF2, FGF, PF4, PDAF. Chaque facteur de croissance possède respectivement plusieurs propriétés (stimulation de l’angiogenèse et de la synthèse de collagène, prolifération et différenciation cellulaire) et ils fonctionnent en synergie.

C’est un traitement inducteur de croissance : il raccourcit l’intervalle de temps entre la phase de chute (télogène) et la phase de croissance (anagène), prolonge la durée de cette dernière et exerce une action frénatrice sur l’action de l’androgène activé (dihydrotestostérone) en augmentant la vascularisation local et le taux d’oxygénation. Il permet ainsi de diminuer la durée de la chute de cheveux et la quantité de cheveux qui tombent.

Les facteurs de croissance contenus dans les plaquettes sont libérés très rapidement : 90% des facteurs seront libérés en 1 heure, le reste au cours des 8 jours suivants, ce qui fait que le PRP activé possède une action « éclair », et que son efficacité biologique soit de durée estimée au minimum à 58 semaines. Le PRP augmente deux paramètres objectifs : diamètre et densité des cheveux (nombre de cheveux par cm²).

Comment se déroule le traitement ?

Il est recommandé dans la littérature d’effectuer six séances par an, bien que ce modèle puisse varier en fonction de la gravité de l’alopécie (nombre de séances, intervalle entre chaque séance). Ensuite, il est possible de réaliser une cure préventive, une fois par an, en fonction de l’évolution, d’où la nécessité d’un suivi, mais cela n’est pas toujours nécessaire, si les injections sont combinées à un protocole « maison ».

Quelles sont les contre-indications ?

Les injections de P.R.P sont contre-indiquées dans les cas suivants : présence d’un cancer ou de métastases, infection active et prise d’antibiotiques, thrombopénie sévère, anémie, utilisation d’anticoagulant, grossesse, allaitement, infiltration de cortisone dans la région à traiter dans le mois précédant la séance. Hormis ces patients, tout le monde est éligible. Usuellement, à partir de 18 ans, et sans limite d’âge.

Le PRP peut-il être considéré comme une alternative à la greffe capillaire ?

Le P.R.P est un traitement préventif et curatif, c’est une alternative à la greffe de cheveux, qui peut être contre-indiquée dans certains stades ou dans certaines présentations. On peut associer une greffe de cheveux aux séances de P.R.P, afin de diminuer la quantité de greffons nécessaire, et d’accélérer la cicatrisation et la pousse des greffons implantés.

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