Racontez-nous l’inspiration derrière la création de BDK Parfums.
David Benedek : Le nom de la maison BDK Parfums reprend les trois consonnes fortes de mon nom de fa- mille, Benedek. En 2016, lorsque la marque a été lancée sur le marché, il n’y avait pas de marques de parfum en sigle donc c’était déjà pour moi un moyen de nous différencier. Au-delà de cette singularité, j’avais envie que la maison résonne comme une bibliothèque olfactive contemporaine où chacun puisse se retrouver dans une de ses créations. Au sein de chaque coffret qui reprend les codes d’une couverture de livre, chaque création re- présente un trait de personnalité (collection Parisienne), une histoire, un souvenir (collection Azur) ou encore la mise en lumière singulière d’une matière première de la parfumerie (collection Matières). BDK Parfums est une marque de haute parfumerie française, hybride, aux influences diverses – je suis moi-même français avec des origines marocaines et roumaines – qui essaye, avec hu- milité, de retranscrire un héritage empreint d’un univers contemporain et urbain.
La tradition familiale dans la parfumerie a-t-elle influencé votre décision de poursuivre dans cette voie, et comment cela se reflète-t-il dans vos fragrances ?
D.B. : Mes grands-parents, exilés de Transylvanie, ont fait partie des premières personnes autorisées à distribuer de grands noms de parfums tels que Worth ou Christian Dior dans les années 1950 à Paris. Ils se sont ensuite spé- cialisés dans la vente de parfums et de produits de luxe aux clients étrangers visitant la capitale et ont ouvert leur première boutique dans les années 1960 à l’angle de la rue Royale et de la rue Saint-Honoré. De père en fils, l’expertise familiale autour des parfums s’est développée. J’ai donc eu la chance de grandir dans une parfumerie en plein cœur de Paris. Depuis que je suis enfant, je sens tous les parfums. Proche de ma grand-mère, je me rappelle que j’adorais me glisser dans sa salle de bains pour humer les flacons qu’elle collectionnait. Tout ceci m’a permis de me faire ma propre culture olfactive. Dans la parfumerie familiale, j’ai pu observer et comprendre ce que les clients désiraient. C’est pendant mes études à l’Institut français de la mode en 2012, cursus parfum et cosmétique, que l’on peut raconter une histoire à travers ce fluide invisible. Un peu comme un livre finalement où les mots suffisent à s’imaginer un moment, un décor, une personne. C’est pour cela que je trouve que la littérature a beaucoup en commun avec le parfum. J’ai toujours aimé lire et me laisser transporter par les mots d’un auteur. Pour moi, la démarche que j’ai quand je commence à travailler sur une nouvelle idée olfactive avec un parfumeur est la même : les accords et les matières utilisés doivent nous transporter vers des horizons plus lointains, des moments hors du temps.
Comment décririez-vous l’univers de BDK Parfums et en quoi se distingue-t-il des autres marques de parfums de niche ?
D.B. : BDK Parfums est une maison de parfum authen- tique où la création prime sur tout le reste. À tel point que quand vous regardez le flacon, le nom de la maison est distinct du nom du parfum. On place vraiment la créa- tivité au centre de notre démarche. J’ai toujours pensé qu’une marque trop conceptuelle amènerait les clients à s’éloigner de sa principale raison d’être, à savoir proposer des fragrances créatives, contemporaines et de grande exigence. J’ai refusé dès le départ de proposer un concept, une raison supplémentaire pour me justifier de faire du parfum. J’aime penser que j’ai eu la chance d’évoluer dans cet univers depuis mon plus jeune âge, que je me suis formé à l’Institut français de la mode avec les équipes de chez Givaudan puis celles de Cinquième sens. Cela m’a rendu capable de pouvoir coucher sur le papier…
Interview complète à lire dans le n°6 d’OniriQ Magazine



