Londres, le 30 novembre – C’est dans la ville de sa majesté, et plus exactement au sein de l’hôtel InterContinental Park Lane, que le très célèbre Calendrier Pirelli 2024 a été dévoilé à la presse. Pour cette 50ème édition, qui marque les 60 ans d’histoire du Calendrier (1964-2024), la multinationale italienne a misé sur un photographe de renom originaire du Ghana. Sur les lieux, Prince Gyasi se tient fièrement devant sa production.
Il est l’un des plus jeunes artistes à avoir contribué au « Cal », et pourtant, ça ne l’a pas empêché de relever le défi haut la main. Dès qu’il a été sollicité, l’artiste visuel s’est directement penché sur les talents qu’il souhaitait mettre en avant en s’appuyant sur son propre sens de la communauté ouest-africaine.
D’invisible à super-héros
« On ne naît pas intemporel, on le devient », précise-t-il. D’un coup d’un seul, Prince Gyasi se remémore les personnes qui l’ont le plus inspiré au fil de ses 28 ans d’existence. Parmi ces dernières, des personnalités qui ont su « reconnaître leurs capacités et s’imposer », qui ont « trouvé leur pouvoir et changé leur destin ». Pour lui, il s’agit de la définition même d’être intemporel.
Bien plus que de simples célébrités, Gyasi considère chacune des figures présentes dans son calendrier comme des super-héros qui ont su marquer leur temps et donner foi à la nouvelle génération. De pages en pages, on découvre donc des personnalités sous des titres dignes d’une fiction.
Le top model Naomi Campbell, « Time Stopper », se tient fièrement devant une horloge fondue à la façon de Salvador Dali. L’actrice américaine Angela Bassett, « L’altruiste », ouvre une gigantesque porte dorée. Sa Majesté Otumfuo Osei Tutu II, roi de l’empire historique Asante, règne sous l’intitulé « Royalty » aux côtés de ses sujets. Ensemble, l’auteure Margot Lee Shetterly et la poétesse militante Amanda Gorman représentent « L’empreinte ». Dans la suite du casting, on retrouve également l’actrice Tiwa Savage sous le signe de la « Résilience », le réalisateur et producteur Jeymes Samuel comme le « Visionnaire », l’ancien footballeur Marcel Desailly pour la « Concentration » et enfin l’artiste Teyana Taylor emblème de « l’Avenir ».

Un message fort pour les prochaines générations
Dans l’enceinte de l’InterContinental, à quelques pas du Palais de Kesington, nous avons eu l’opportunité de rencontrer quelques-uns des talents qui figurent dans cette édition anniversaire de Pirelli ainsi que le principal concerné : Prince Gyasi. Tous partagent une intention forte : que ce calendrier inspire chacun d’entre nous à se dépasser, à croire en nos rêves et à devenir, à notre tour, intemporel.
OniriQ : Que souhaitez-vous dire aux prochaines générations qui regarderont ce calendrier ?
Angela Bassett : Je veux leur rappeler ces choses que vous avez toutes et tous déjà entendues. Celles que votre mère, votre père, vos oncles et tantes et grands-parents vous ont dites. Faites de votre mieux. Donnez tout. Soyez excellents. Suivez vos envies et vos rêves.

OniriQ : Que représente l’identité « Timeless » du Calendrier ?
Amanda Gorman : Je pense que le Calendrier retranscrit très bien l’idée d’intemporalité. L’édition 2024 évoque les changements au fil du temps mais aussi les transformations à venir. C’est un objet fait pour être transmis de génération en génération. Il ne peut pas appartenir à une seule époque ou un seul groupe. On y prône l’inclusivité et l’ouverture d’esprit, et j’espère que les nouvelles générations l’accueilleront à cœur ouvert.

OniriQ : Comment décririez-vous votre photo présente dans le Calendrier Pirelli ?
Jeymes Samuel : De la folie pure. Dans la vie, il faut obéir à sa folie. Dès l’instant où l’on naît, nous sommes libres. Plus les années passent et plus on s’enchaine soi-même. On me demande souvent « quels conseils donnerais-tu à l’enfant que tu étais ? » et je réponds toujours que je serais celui qui lui demanderait des conseils. Les adultes réfrènent les jeunes alors qu’ils ne veulent qu’une seule chose : rêver. Dans cette photo, j’ai voulu laisser ma démence prendre le contrôle et rappeler aux autres qu’il ne faut jamais laisser quelqu’un nous la voler à cause de ses propres limitations.
OniriQ : Dans les différents shootings, on retrouve de très belles pièces portées par les talents. D’où vous vient ce sens de la mode ?
Prince Gyasi : J’adore la mode, je collectionne de nombreuses pièces. Ça prend une grande place dans ma vie. Ma mère est designer et aussi une chanteuse de Gospel, elle fait des pièces de costumes pour des acteurs, actrices et d’autres personnalités d’Afrique. En grandissant, ça m’a beaucoup inspiré et d’autant plus aujourd’hui dans mon travail.

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