En 2014, la ville de Paris et le petit monde feutré de la culture et du luxe étaient en ébullition. En effet, l’année marquait l’inauguration dans la capitale d’un vaisseau amiral : la fondation Louis Vuitton. Un écrin célébrant le mariage entre l’art et la mode de luxe mais qui a surtout offert à Bernard Arnault – commanditaire du nouvel ovni architectural signé Frank Gehry et patron de LVMH – une structure pérenne quant à l’engagement philanthropique de la maison française de luxe.
Celle-ci est désormais ancrée comme un acteur majeur de la scène artistique internationale et plus largement du monde de l’art avec lequel les liens sont anciens, si on se rappelle que dès les années 1870, Louis Vuitton recevait chez lui des artistes comme Monet, Renoir ou Cézanne.
Un mécénat culturel d’ampleur ainsi qu’un rapprochement des arts, du luxe et de la mode qui se sont accentués au fil du temps comme en témoignent la 59e Biennale de Venise où Louis Vuitton inaugurait dans son espace vénitien une installation monumentale de l’artiste allemande Katharine Grosse ainsi que la récente première édition de Paris+ par Art Basel qui s’est tenue en octobre dernier au Grand Palais Éphémère. Aux côtés de plus de 150 galeries de renommée mondiale, Louis Vuitton déployait un imposant stand sur lequel la griffe de mode montrait toute l’étendue de son soutien sans faille à la création artistique contemporaine.
Ainsi d’un immense panda coloré perché sur une malle monogrammée par l’artiste japonais Takashi Murakami, d’une sculpture hyperréaliste, et à taille humaine, à l’effigie de Yayoi Kusama ou une toile du peintre new-yorkais Alex Katz. Sans oublier de multiples objets et accessoires tels qu’une planche de skateboard réalisée par le créateur de mode et artiste Stephen Sprouse, une malle de voyage imaginée par la photographe américaine Cindy Sherman, des carrés se soie dessinés par Jeff Koons ou des modèles de sacs issus de la collection Artycapucines.
Une gamme benjamine de la famille des sacs Louis Vuitton qui est devenue un support d’art à porter. En effet, lancé en 2013, le Capucine – en hommage à la rue Neuve-des-Capucines, première adresse qu’occupa la maison Louis Vuitton en 1854 – est réinventé chaque année depuis 2019 par di- vers grands noms de la scène artistique contemporaine à l’image de Beatriz Milhazes, Jean-Michel Othoniel, Zhao Zhao, Liu Wei, Josh Smith ou Henry Taylor. Pour 2022, la maison parisienne a d’ailleurs laissé libre cours à l’imagination et à la créativité de six nouveaux artistes comme Daniel Buren, Kennedy Yanko, Park Seo-Bo, Peter Marino, Amélie Bertrand et Ugo Rondinone.
LV DREAM, LA RÉTROSPECTIVE RÊVÉE
Autant de preuves récentes des liens unissant le malletier à l’univers artistique et sa volonté, au-delà de faire partie du champ culturel, de partager également certaines valeurs mêlant luxe, mode et art comme la créativité, la beauté, le patrimoine ou la rareté. Une perpétuelle quête de collaborations artistiques que Louis Vuitton a décidé de célébrer dans sa nouvelle ex- position parisienne baptisée LV Dream.
Présentée du 12 décembre 2022 au 15 novembre 2023 rue du Pont- Neuf, la rétrospective (gratuite mais sur réservation) emmène les visiteurs dans un voyage immersif de plus d’un siècle à la découverte des nombreux partenariats avec le monde de l’art scellés au cours des ans par Louis Vuitton. Répartie dans neuf salles qui offrent au public nombre d’expériences interactives, LV Dream se dessine en réalité comme le reflet de l’histoire de Louis Vuitton à travers celle de ses premiers projets artistiques à l’instar des vitrines et flacons de parfums, des malles réalisées sur commande spéciale, des variations iconiques du monogramme imaginées par d’illustres créateurs ou encore des diverses collaborations dans le prêt-à-porter.
Parmi les temps forts de la visite – le parcours thématique est rythmé par différentes sections pour ne pas perdre les visiteurs – signalons deux portraits de Louis Vuitton signés des artistes Alex Katz et Mister Cartoon, révélés au public pour la toute première fois ainsi que la malle réalisée sur mesure pour La Laitière, la toile de Johannes Vermeer exposée depuis 1908 au Rijksmuseum d’Amsterdam.
Une riche visite qui se clôture sur une élégante note culinaire avec Maxime Frédéric, le chef pâtissier du Cheval blanc qui traduira les motifs iconiques de Louis Vuitton en entremets, éclairs et pâtisseries, tous mis en scène comme des objets d’art sur un comptoir ondulé et emballés dans des écrins emblématiques.
« LV Dream », du 12 décembre 2022 au 15 novembre 2023 2 rue du Pont-Neuf, Paris 1er (ancien grand magasin Belle Jardinière). Du lundi au dimanche, de 11 h à 20 h
Entrée gratuite sur réservation – fr.louisvuitton.com
Article rédigé par Arthur Frydman
<<< À lire également : Devialet ou le Phantom de l’Opéra >>>




