Adaptée des romans de Jenny Han, également autrice de À tous les garçons que j’ai aimés (Netflix), L’Été où je suis devenue jolie (The Summer I Turned Pretty, ou TSITP pour les intimes) s’est imposée comme un phénomène pop culture. Entre ses décors côtiers digne d’un rêve américain, sa bande-son pensée pour TikTok et son triangle amoureux digne des grands teen dramas à l’image de Vampire Diaries et de l’inoubliable trio Elena/Damon/Stefan, la série séduit autant les adolescents que les adultes nostalgiques de leurs étés de jeunesse.
Chaque été à Cousins Beach, Belly retrouve Conrad et Jeremiah, les fils de Susannah, meilleure amie de sa mère. Ses 16 ans marquent le début d’un triangle amoureux qui, au fil des saisons, s’entremêle à la maladie de Susannah et aux tourments de l’adolescence.
Après trois saisons à succès sur Prime Video, la série va désormais connaître une conclusion : un film, écrit et réalisé par Jenny Han, viendra clore la saga. Une annonce qui a fait l’effet d’une bombe dans la fandom : à la fois une promesse de réponses pour les équipes #TeamConrad et #TeamJeremiah, et un moyen de prolonger la vie d’une franchise devenue incontournable.
Il faut dire que l’histoire n’a cessé de surprendre au fil des saisons, attention aux spoilers : de la mort déchirante de Susannah, figure maternelle centrale, les fiançailles précipitées de Belly et Jeremiah, les aveux tardifs de Conrad sur ses véritables sentiments, sans oublier les multiples hésitations, jalousies et triangles amoureux qui ont tenu les spectateurs en haleine. Autant de rebondissements qui rendent la perspective d’une conclusion sur grand écran encore plus attendue.
Paris, scène finale d’une promo mondiale
C’est à Paris que la série a signé son dernier coup d’éclat promotionnel. Jenny Han et le casting ont défilé sur le tapis rouge du Palais Galliera pour la première du dernier épisode de la saison trois, provoquant l’euphorie des fans venus en masse. Plus qu’un simple passage promo, cette escale symbolise l’internationalisation d’une série qui, tout en racontant des amours d’été à l’américaine, touche bien au-delà des frontières. Le public français a répondu présent, confirmant que TSITP est désormais un phénomène lifestyle. Un choix renforcé par le fait que les derniers épisodes se déroulent aussi en partie à Paris : un clin d’œil pour clore une histoire devenue universelle.
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Les différences clés avec les romans de Jenny Han
Maintenant que la série va avoir droit à son propre film, retour sur les libertés prises par la série. Si l’adaptation conserve l’ADN des romans, elle assume aussi des écarts notables. Jenny Han, très impliquée dans la production, l’a répété : son objectif était d’enrichir et de moderniser le récit.
Le bal des débutantes. Absent des romans, il devient dans la série un moment clé de la saison 1. Rite de passage pour les séries américaines, il devient un révélateur des relations que Belly a avec les frères Fisher. Alors que Jeremiah, censé l’accompagner, abandonne Belly au milieu de la soirée, c’est Conrad qui prend le relais et la conduit jusqu’au bout de la cérémonie. Une liberté d’adaptation qui accentue le triangle amoureux et oriente subtilement la balance du côté de Conrad.
Une chronologie prolongée. Dans les livres, le tome 3 reprend deux ans après le précédent : Belly et Jeremiah se fiancent alors qu’ils sont encore étudiants. Dans la série, le saut est de quatre ans, renforçant l’idée d’une relation plus installée.
Des personnages plus développés. Steven et Taylor, personnages et couple secondaires dans les romans, prennent une place centrale à l’écran, au point de devenir le duo favoris des spectateurs aux côtés du trio principal.
Un détour par Paris. Dans les livres, après sa rupture avec Jeremiah, Belly part étudier en Espagne avant de rentrer pour son diplôme. Dans la série, elle choisit Paris, et ne revient ni pour les vacances ni pour sa remise de diplôme. Ce détour narratif dépasse le simple décor glamour : en quittant Cousins Beach pour une ville-monde sublimée par une bande-son française soigneusement choisie, Paris devient le symbole de son émancipation : Belly y guérit, se reconstruit et retrouve son indépendance avant de rouvrir son cœur à Conrad.
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Le mariage repoussé. Dans les livres, le récit se conclut par l’union de Belly et Conrad, célébré sur la plage et présenté comme l’aboutissement de leur relation après son échange en Espagne. Alors quand dans la série, Conrad profite d’une conférence à Bruxelles pour rejoindre Belly à Paris. Ils se rapprochent et finissent par se déclarer leur amour dans une scène romantique à bord d’un train. L’ultime séquence les montre à Cousins Beach, prêts à recommencer leur histoire, mais sans promesse de mariage. Cette conclusion choisit l’espoir et la continuité plutôt que la fermeture définitive, laissant au film la possibilité de clore ou non leur parcours. En résumé, qu’il s’agisse des livres ou de l’écran, le couple se reforme bel et bien.
Une modernité pop assumée. La série revendique une identité résolument contemporaine : casting diversifié, esthétique calibrée pour les réseaux sociaux et bande-son Gen Z (Taylor Swift, Olivia Rodrigo…). Là où les romans restaient sobres et intimistes, l’adaptation se veut inclusive et pop culture. Contrairement aux romans, Belly y vit des relations physiques avec Conrad comme avec Jeremiah, ce dernier étant ouvertement bisexuel. On y découvre aussi Redbird, camarade de Jeremiah à Finch College, qui derrière son image de Frat Boy se révèle queer. Autant d’éléments qui ancrent la série dans un imaginaire inclusif, pensé pour les millennials et la Gen Z.
Pourquoi un film, et pourquoi maintenant ?
Tout simplement parce que la série est devenue trop grande pour se contenter d’un simple final de saison. Jenny Han et Amazon veulent offrir un dernier chapitre à la hauteur, capable de marquer les esprits. Le film s’impose donc comme une conclusion naturelle, et un passage au cinéma qui consacre définitivement une saga née comme un « simple » roman pour ados.
TSITP, un miroir de notre époque
Au-delà de son intrigue amoureuse, L’Été où je suis devenue jolie reflète les tendances actuelles : une jeunesse en quête d’identité, des amours universels mais complexes, une esthétique en phase avec les codes des réseaux sociaux, et une ouverture forte à la diversité. C’est sans doute ce mélange qui séduit autant les ados d’aujourd’hui que les adultes d’hier.



