Mimétique, la peau comme intelligence

Mimétique Skincare Fabienne Sebaoun
Mimétique Skincare Fabienne Sebaoun

Mimétique, la peau comme intelligence

Pour Fabienne Sebaoun, ancienne chimiste de Guerlain et Valmont, la peau n’a pas besoin qu’on lutte contre elle mais qu’on l’aide à mieux fonctionner. Avec Mimétique, elle imagine des soins biomimétiques où science, simplicité et confiance dans les mécanismes naturels du corps remplacent enfin le fantasme de l’anti-âge.

Fabienne Sebaoun ne parle jamais d’anti-rides. Le mot lui semble pauvre, presque réducteur, comme si l’on avait fini par considérer le temps lui-même comme une anomalie qu’il faudrait corriger. À l’entendre, la peau ne demande pourtant ni guerre, ni réparation spectaculaire. Seulement qu’on l’écoute un peu mieux. « La peau est probablement le meilleur ouvrier », dit-elle doucement. Encore faut-il lui donner ce qu’elle reconnaît déjà.

Dans l’univers saturé de la cosmétique contemporaine, celui des promesses instantanées, des actifs miracles et des routines à quinze étapes, la fondatrice de Mimétique avance avec une idée presque ancienne, presque philosophique : le corps possède en lui-même une forme d’intelligence naturelle. Il sait. Il répare. Il protège. Il régénère. À condition qu’on cesse parfois de vouloir le contraindre.

C’est peut-être cela, au fond, le véritable sujet de Mimétique : non pas transformer la peau, mais lui permettre de redevenir elle-même.

Les flacons de la marque, avec leurs allures de pharmacie futuriste et leurs couleurs tendres, racontent déjà quelque chose de ce retour à l’essentiel. Un design presque clinique, presque naïf aussi, loin du luxe tapageur. On dirait des objets retrouvés dans une salle de bains idéale des années 1970. À l’intérieur : des sérums, des crèmes concentrées, un SPF urbain baptisé Everyday 50, pensé moins comme un solaire de plage que comme un geste quotidien de protection invisible.

Mimétique Skincare
Mimétique Skincare

Rien pourtant ne destinait vraiment Fabienne Sebaoun à créer une marque.

Chimiste cosmétique, passée par Guerlain, Valmont puis Estée Lauder, elle a longtemps vécu entre Paris, le Canada et les États-Unis. Elle connaît les laboratoires, les spas ultra-luxe, les marchés asiatiques où la beauté relève parfois du cérémonial social autant que du soin lui-même. À Vancouver, elle observe ces clientes venues de Hong Kong acheter leurs crèmes comme d’autres collectionnent les œuvres d’art. Aux États-Unis, elle découvre une beauté plus clinique, plus dermatologique. En France, elle retrouve une certaine idée du soin, plus instinctive, presque culturelle.

Et pourtant, malgré ce parcours dans les plus grandes maisons, elle hésite longtemps avant de lancer sa propre ligne. « Je connaissais trop bien le marché pour avoir envie de créer une marque de plus », confie-t-elle.

Le déclic vient pendant le Covid. Quand le monde ralentit, elle retourne étudier la chimie à Nice. Non pour changer de vie, dit-elle, mais pour comprendre. Comprendre comment la peau fonctionne réellement. Comprendre aussi pourquoi tant de discours cosmétiques semblent parfois oublier l’essentiel : la peau n’est pas un matériau passif mais un organisme vivant, doté de mécanismes complexes d’autorégulation.

Mimétique : c’est là qu’elle découvre le biomimétisme,

Le mot est devenu à la mode dans la beauté, souvent associé au végétal ou à l’idée d’imiter la nature. Chez Mimétique, il prend une signification plus profonde : travailler avec les mécanismes naturels de la peau plutôt que contre eux. Lui apporter des éléments qu’elle connaît déjà, peptides, lipides, facteurs naturels d’hydratation, afin qu’elle puisse elle-même mieux fonctionner.

« Je ne voulais plus raconter l’histoire d’un ingrédient miracle », explique-t-elle. « Ce qui m’intéressait, c’était la façon dont la peau se protège, s’hydrate et se régénère naturellement. »

Avec AgroParisTech et la chaire de cosmétologie d’Orléans, elle développe alors un complexe autour de ces trois fonctions fondamentales. Mais le véritable travail se situe ailleurs : dans les équilibres invisibles de la formulation. Car en cosmétique, un ingrédient peut parfois annuler entièrement l’effet d’un autre. Toute la science réside dans cette synergie fragile.

Les résultats obtenus sur cultures cellulaires et peaux reconstruites sont suffisamment convaincants pour attirer très tôt l’attention du Bon Marché, qui lui propose un corner avant même le lancement officiel de la marque.

Depuis, Mimétique avance à son rythme. Peu de produits. Peu de bruit. Des prix volontairement contenus, entre 45 et 76 euros, à rebours d’une industrie où la sophistication sert souvent de justification tarifaire.

Le plus singulier reste peut-être ailleurs : dans cette idée qu’un soin ne doit pas remplacer la peau mais lui rappeler ce qu’elle sait déjà faire. Une pensée presque organique du soin, qui tient autant de la chimie que d’une certaine sagesse du corps. Comme si, finalement, tout avait toujours été là.

La gamme Mimétique, composée de sérums, crèmes et du fluide solaire Everyday 50, est disponible au Bon Marché, chez Oh My Cream, Space NK à Londres ainsi que dans une sélection de pharmacies et de points de vente premium en France et à l’international.

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