C’est tellement joli, une nuque. Cet été, on va les redécouvrir.
Des défilés printemps-été 2026 se dégage une envie claire : raccourcir, alléger, révéler. La coupe à la garçonne s’impose comme le geste fort de la saison. Elle redresse le port de tête, affine la silhouette et revendique une féminité libre, sans fioritures. Coco Chanel disait qu’elle aimait les cheveux courts parce qu’ils « laissaient respirer la nuque et l’allure ». Tout est là : la coupe courte comme déclaration d’indépendance.
Miu Miu : l’esprit cinématographique


Chez Miu Miu, la garçonne prend des allures cinématographiques. On pense à Jean Seberg dans À bout de souffle, cheveux courts, regard franc, démarche décidée. Les coiffages sont faussement négligés, les textures naturelles, les ondulations souples, parfois relevées de frisottis délicats. Une imperfection assumée qui dit tout : on ne cherche plus à dompter le cheveu, mais à le laisser vivre. Une coupe courte, un peu frisée, avec du mouvement : manifeste discret d’une féminité qui s’affirme sans se figer.
Loewe : pureté et architecture
Chez Loewe, la garçonne devient sculpture.
Qu’elle soit lisse, frisée ou plaquée, la coupe prolonge la pureté des lignes et la rigueur des volumes. La chevelure n’est plus un accessoire, mais une matière à part entière, au même titre qu’un cuir ou un col oversize. Jonathan Anderson la traite comme une structure : calme, nette, presque minérale.
Ici, la féminité s’exprime dans la maîtrise, moins séductrice que sculpturale. Une présence.

Issey Miyake : le court radical
Chez Issey Miyake, le court s’assume sans détour.
Plus structuré, plus graphique, il évoque la radicalité de Grace Jones, cette beauté taillée à la serpe, cuir, épaule et audace, autant que l’Isabelle Adjani de Subway : froide, électrique, magnétique. Ce n’est plus la garçonne sage des années 20, mais une version punk, futuriste, presque cybernétique.
Un court qui ne cherche plus à séduire, mais à imposer une présence.
Une coupe comme un manifeste : trancher, affirmer, avancer.

La garçonne à travers le temps ?
Rappelons que tout a commencé au lendemain de la Première Guerre mondiale, quand les femmes ont conduit, travaillé, pris place et coupé leurs cheveux pour signifier qu’elles ne redeviendraient pas des figurantes. Cent ans plus tard, la boucle est bouclée : la nuque se redécouvre comme un espace de liberté. Et dans le miroir des podiums, elle chuchote encore ce même message : couper, c’est recommencer.



