On entre chez Bacha Coffee comme on franchit le seuil d’un riad secret. Une façade discrète au 26 avenue des Champs-Élysées, quelques marches, et soudain tout ralentit. Le bois sculpté, les damiers noir et blanc, les treillis géométriques et les tonalités d’ocre brûlé composent un décor enveloppant, saturé d’arômes de grains torréfiés et de bois ciré.
Tout ici semble raconter une histoire. Celle d’une maison née en 1910 au sein du palais Dar el Bacha à Marrakech, qui cultive depuis plus d’un siècle une esthétique où l’élégance est discrète mais affirmée. Déjà présent à Singapour, Doha, Séoul ou Dubaï, Bacha Coffee opère ici une première entrée remarquée en Europe, une ouverture pensée comme une déclaration d’intention : faire du café un art à part entière.
À mi-chemin entre le café littéraire et le concept-store d’exception, le lieu se déploie sur 1 500 m², répartis en trois niveaux avec un espace boutique, un comptoir à emporter et un salon de dégustation de 100 places. Bacha Coffee y déploie une vision presque méditative du café, à mille lieues des formats express.

Bacha Coffee : un art de vivre autour de 200 cafés d’exception
Au cœur de l’expérience, plus de 200 références 100 % Arabica, torréfiées à la main et sourcées dans 35 pays, d’Éthiopie à Hawaï, du Yémen au Panama. Le barista s’approche, détaille les arômes, propose un accord. Le service est chorégraphié : extraction lente, vaisselle précieuse, chantilly à la vanille servie à part, sucre brut, paille en verre… Même à emporter, la dégustation reste un rituel.
Au rez-de-chaussée toujours, la boutique s’organise comme une parfumerie de niche : coffrets cadeaux, sachets à infuser, moulins en laiton, cuillères gravées. L’œil est happé, le nez aussi. On passe d’un moka floral à un blend épicé comme on feuilletterait un atlas.
À l’étage, le café se prolonge à la table. Dans des salons feutrés aux lumières tamisées, les conversations se chuchotent entre deux gorgées le temps d’un Afternoon Coffee qui remplace le tea time avec panache. La carte flirte autant avec le salé que le sucré, et chaque assiette semble pensée pour prolonger l’expérience caféinée jusque dans l’assiette.
Côté salé, le pain perdu au poulet fermier, jalapeños et cheddar impose une touche comfort food maîtrisée, tandis que sa version au saumon fumé, cornichons aigre-doux et Comté joue sur l’équilibre entre acidité et rondeur. Le club sandwich Bacha, garni de poulet fermier et bacon de bœuf, revisite les classiques anglo-saxons avec une précision toute parisienne.

On poursuit avec un croissant café-chocolat croustillant à souhait, une brioche feuilletée ultra régressive garnie de ganache au Café Turkish Delight et des gâteaux de voyage, servis par deux, accompagnés d’une chantilly à la vanille et de miel artisanal ou d’une gelée au café, selon l’inspiration du moment.
Les saveurs se succèdent, jamais trop sucrées, toujours précises : cake marbré au café Arabica, cake aux fruits confits et amandes grillées, citron confit, chocolat-fleur de sel et pistache de Sicile… Chaque bouchée dialogue avec la tasse, dans un jeu d’échos subtils.
Dans cet écrin où tout semble pensé pour éveiller les sens, Bacha Coffee célèbre aussi son ancrage parisien avec une création en série limitée : “I Love Paris Coffee”, un Arabica délicat aux notes de baies forestières, habillé d’une boîte illustrée par l’artiste Mehdi Qotbi, dont une œuvre est exposée dans la boutique. Un hommage à la ville lumière, à son esprit bohème, à la flânerie cultivée. Une capsule à garder ou à offrir, disponible en 2 000 exemplaires numérotés, comme une dernière touche parfumée à emporter avec soi.



