Raphaël, artiste pluriel

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Raphaël, artiste pluriel

QUAND IL A SIGNÉ SON PREMIER DISQUE IL Y A VINGT-QUATRE ANS, RAPHAËL NE SE DOUTAIT PAS QU’IL POSAIT LES PREMIÈRES BRIQUES D’UNE BELLE ET LONGUE CARRIÈRE. AUJOURD’HUI, IL SORT SON DIXIÈME ALBUM, UNE AUTRE VIE, UN RECUEIL DE CHANSONS RACONTANT L’INTIMITÉ D’UN HOMME QUI OBSERVE LE MONDE AVEC UNE GRACIEUSE DISTANCE. ENTRETIEN AVEC UN ARTISTE QUI SE DÉFINIT COMME UN ÉMOTIF.

Dans la préface de votre album, l’écrivaine Maria Pourchet évoque la relation entre la poésie et vos chansons. Quelle place la poésie tient-elle dans votre travail ?

Raphaël : Je ne sais pas exactement. Je suis davantage un émotif qu’un intellectuel, avec un esprit qui n’est pas forcément rationnel. De mon approche du monde très sensorielle, est né un besoin de retranscrire mes émotions que l’on peut qualifier de poétiques. Cela passe par l’utilisation des mots, de la voix, de la mélodie. Mais en fait, la poésie vient de tout, elle est partout. Au fond, c’est la chose la plus utile au monde, mais elle est très peu valorisée.

À quoi sert-elle dans notre quotidien  ?

R : Il y a quelques années, j’ai eu l’honneur d’être président du jury Prix de poésie de la RATP. J’avais même pu composer mon petit jury de rêve avec Clara Luciani et Valeria Bruni-Tedeschi. C’était délicieux et surtout très émouvant de découvrir ces poèmes écrits par des gens qui venaient de tous les horizons. Chaque année, quelques phrases sont sélectionnées et affichées dans le métro, sans la mention de l’auteur : une sorte de gloire anonyme mais pure. Lorsque l’on vit des situations intenses, parfois dramatiques comme un décès, la poésie vient panser vos plaies. Au fond, tous les discours des philosophes sont peu de choses à côté de quatre vers d’Apollinaire.

Vous avez reçu de nombreux prix, quelle récompense vous a le plus touché ?

R  : Sans hésiter, le prix Goncourt de la nouvelle. Pour l’homme que je suis, pas plus vaniteux qu’un autre, recevoir ce prix prestigieux m’a rendu extrêmement fier, même s’il ne s’agit pas du roman, mais d’un recueil de nouvelles. J’étais très ému. C’était la chance du débutant, et cela a été comme une nouvelle voie qui s’ouvrait à moi. Un cadeau assez imprévisible.

Quel genre d’écrivain êtes-vous  ? Est-ce un exercice si différent d’écrire des chansons ?

R : J’aurais du mal à me définir autant comme compositeur de musique qu’écrivain. Mais j’imagine que l’une des grandes différences réside dans la possibilité de la fiction. Il y a dans l’écriture d’un livre un espace de liberté immense, parce que l’on a moins de responsabilités par rapport au réel.

C’est-à-dire ?

R : Dans les chansons, on parle énormément de soi : la possibilité de fiction est plus réduite. La plupart des auteurs s’inspirent de leurs sentiments du moment. Tandis que dans la littérature…

Interview complète à lire dans le n°7 d’OniriQ Magazine.

Crédit photo de Une : Arno Lam

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