Comment Mathieu Forget, un artiste aux multiples talents, a-t-il réussi à conquérir les scènes du monde entier et à marquer le monde de l’art et du spectacle avec son approche innovante ? Retour sur le parcours atypique de cet homme-orchestre. “C’est le métier d’artiste que d’arriver à être assez fou toute sa vie à travers un médium“.
Entre Genève et Biarritz, Mathieu Forget, aujourd’hui âgé de 34 ans, a su se tailler un chemin singulier dans le monde artistique. Depuis son plus jeune âge, il a été captivé par le sport, avant de découvrir la danse hip-hop à 16 ans, inspiré par des figures emblématiques comme Usher. Ce fut une révélation. Le jeune Mathieu voulait déjà fouler les scènes aux côtés des artistes de renommée mondiale. Ses parents, réalistes, lui rappelaient que ce rêve demandait un travail acharné, ce qu’il comprit rapidement.
Sa détermination l’a conduit à Santa Barbara, où il a vécu quatre années intenses. Entre les entraînements de tennis de quatre heures par jour et les matchs universitaires, il a adopté le système éducatif américain qui lui a permis de diversifier ses compétences. Diplômé d’un bachelor en costume théâtre et scénographie, il a également obtenu une licence en entrepreneuriat et marketing, sans oublier sa passion pour la danse classique et le piano. Un parcours académique riche qui a fait de lui un véritable couteau suisse.

Ce sont ces compétences variées et ce mindset de “multi casquettes” qui l’ont profondément influencé. Face au dilemme de poursuivre une carrière professionnelle dans le tennis ou de tenter sa chance dans le showbiz à Los Angeles, il a choisi la seconde option. Mathieu s’est lancé dans les castings, dont le premier pour Jennifer Lopez, une expérience marquante malgré son élimination après le premier tour.
Le retour en France n’a pas été de tout repos. Dans l’industrie cinématographique française, il a dû reconstruire son réseau et se confronter à un milieu plus institutionnel que ce qu’il avait appris. Il a alors commencé à fréquenter des influenceurs et, en 2013, il s’est lancé sur Vine. Créer du contenu est devenu une seconde nature pour lui, l’amenant à développer une petite communauté en ligne.

Sa rencontre avec Vincent Herbert, propriétaire du “Pain Quotidien”, fut décisive. Vincent l’a engagé dans un projet innovant : une boîte de nuit dédiée au ping-pong, fondée par Susan Sarandon. Pendant six ans, Mathieu a gravi les échelons pour devenir directeur artistique, s’occupant des réseaux sociaux, de la production audiovisuelle, de l’événementiel et de l’architecture du design.
Ce rôle lui a permis de voyager et de développer une vision globale du business. À New York, il a découvert les photographes de rue et a commencé à explorer la danse à travers l’objectif. Une de ses photos, intitulée “Supermat“, est devenue virale et a marqué un tournant dans sa carrière. Utilisant ce buzz, il a accru sa communauté et collaboré avec des artistes comme Taylor Swift, Bob Sinclar, ou encore des marques de renommées telles que Nike et Samsung.

À 30 ans, Mathieu comptait 30 000 followers. Pendant la pandémie, il a atteint le million en un an, en partageant son quotidien et ses coulisses. Ses collaborations avec Lacoste, Berluti et Gucci l’ont confirmé comme un profil atypique, capable de négocier et de diriger des projets de grande envergure.
“Je m’inspire des lignes, des courbes, une architecture, la mode, une personne. L’art c’est la vie. Mon travail cherche à s’élever et à le transmettre aux personnes qui regardent mon travail, physiquement, par la performance, émotionnellement, parce que ça va faire rêver et spirituellement, on a tous envie de voler, toucher l’inatteignable, savoir ce qu’il y a après… “
Resté à Paris, il a été contacté pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, participant à la tournée et organisant sa première exposition à Bercy Village. Ses photos sont le reflet de l’innovation du XXI siècle ajoutant une dimension technologique au réel de la photographie à l’aide d’un QR code pour raconter en vidéo, le cliché. Des coulisses, du vrai, c’est ce que demande la communauté de Mathieu, et il l’a bien compris. D’ailleurs, cette perspective lui ouvre de nouvelles opportunités, le menant jusqu’à des projets périlleux avec Porsche et des expositions à l’international, notamment en Turquie.

“Le lac salé en Turquie m’a beaucoup ému. T’es perdu dans l’infini, la photo c’est un instant qui s’arrête dans un quotidien qui va trop vite. Quand je vais faire cette photo, tout s’arrête je dois être à 100% présent. De New York tout seul avec mes potes et un trépied contre un parc de Brooklyn, aujourd’hui j’ai des projets de dingue dans des lieux qu’on privatise pour moi“, raconte Mathieu, reconnaissant de sa success story.
Mathieu Forget est un artiste complet. Ses œuvres, souvent influencées par l’architecture et la mode, visent à élever ses spectateurs émotionnellement et spirituellement. “La vie est une œuvre d’art“, dit-il, et son travail cherche à incarner cette philosophie. Il met même à profit son talent pour des univers plus corporates, comme les bureaux de wellworking, chez Kwerk, pour faire virevolter ses membres dans la pellicule.
Aujourd’hui, Mathieu travaille sur de nombreux projets, exposant dans des musées et des galeries prestigieuses et préparant la sortie de son premier livre. Il continue d’inspirer les amateurs d’art à travers la performance, toujours en quête de nouvelles aventures et de collaborations inédites. “Mon rêve, ce serait un projet un peu fou dans le désert de Namibie, jouer avec les couleurs et l’environnement“, conclut-il.



