Depuis quelques mois, l’exposition « Tokyo, naissance d’une ville moderne » vous invite à plonger dans les transformations de la capitale japonaise à travers l’art de l’estampe. Une découverte urbaine et artistique incontournable, à visiter jusqu’au 1er février 2025.
Une ville qui renaît après la catastrophe
En 1923, Tokyo est frappée par le tremblement de terre du Kantô, une tragédie qui cause plus de 100 000 morts et détruit près de la moitié de la ville. C’est aussi un point de départ pour une reconstruction totale : les routes et les réseaux ferrés s’étendent, les voies fluviales sont rénovées, et de nouveaux parcs voient le jour. En 1932, Tokyo s’accorde avec ses villes voisines pour devenir la métropole moderne que nous connaissons aujourd’hui.

L’exposition « Tokyo, naissance d’une ville moderne » met en lumière ces transformations spectaculaires à travers un médium emblématique du Japon : l’estampe. Une centaine d’œuvres issues des collections du Tokyo Metropolitan Edo-Tokyo Museum sont exposées pour raconter ce moment charnière de l’histoire japonaise.
L’estampe est réalisée par impression, à partir d’une matrice gravée ou dessinée. Cette technique consiste à graver un motif sur un support comme du bois ou du métal, ou encore une plaque de pierre (lithographie), puis à transférer ce motif sur du papier ou un autre matériau à l’aide d’encre.
Dans le Japon traditionnel, l’estampe, notamment l’ukiyo-e, est célèbre pour ses images colorées de paysages, de scènes de vie quotidienne et de personnages iconiques. Ce type d’art reflète souvent des événements historiques, des changements sociaux ou des tendances culturelles, comme celles mises en avant dans l’exposition sur Tokyo des années 1920-1930.
Une immersion historique
Sous la direction de Shûko Koyama et Tarô Nitta, commissaires de l’exposition, le parcours est divisé en quatre thématiques. Les estampes dialoguent avec des affiches, des photographies, des accessoires de mode et même des cartes. Ces œuvres dévoilent une ville en pleine mutation, où le béton et l’acier remplacent les structures traditionnelles en bois. Les artistes captent la vie quotidienne, l’effervescence des nouveaux quartiers et le contraste entre le passé et le futur.

Une épopée qui permet de mieux comprendre Tokyo, non seulement comme une capitale bouillonnante d’aujourd’hui, mais aussi comme un lieu qui a su se réinventer après l’une des pires catastrophes naturelles de son histoire. À travers cette fenêtre sur le passé, l’exposition nous parle aussi de résilience et de la manière dont une ville peut renaître, encore plus forte qu’auparavant.
Dernière chance : à voir jusqu’au 1er février 2025 à la Maison de la culture du Japon à Paris.



