À Londres, en 1939, alors que l’Europe vacille sous la montée du fascisme, un Freud vieillissant et affaibli par la maladie reçoit un visiteur inattendu, C.S. Lewis, écrivain chrétien récemment converti. Ce face-à-face imaginaire mais historiquement plausible devient le théâtre d’un débat vertigineux sur l’existence de Dieu, la souffrance, la mort, et la quête de sens. Inspiré par la pièce de théâtre Freud’s Last Session de Mark St. Germain, elle-même adaptée du livre The Question of God du Dr Armand Nicholi, le film mêle biographie, fiction et philosophie. Matthew Brown, déjà remarqué pour L’Homme qui défiait l’infini, transforme ce duel verbal en une réflexion cinématographique sur la tolérance et l’écoute dans un monde de plus en plus polarisé.

Un face-à-face imaginaire, mais puissamment crédible
Hopkins, en Freud crépusculaire, impressionne par la justesse de son interprétation avec cette arrogance intellectuelle et douleur humaine, il donne corps à un homme qui doute encore, même au seuil de la mort. À ses côtés, Matthew Goode incarne un Lewis tourmenté, marqué par les traumatismes de la guerre et les contradictions de la foi.
Le film s’ouvre aux figures féminines de leur entourage, Anna Freud et Dorothy Burlingham, elles apportent respectivement une profondeur intime et historique à la narration. La relation entre Anna et son père, faite de loyauté, d’ombre et de dépendance, résonne d’autant plus fort qu’elle est longtemps restée invisible.

La reconstitution méticuleuse du cabinet londonien de Freud, supervisée par la décoratrice oscarisée Luciana Arrighi confère au film une authenticité théâtral. La caméra de Ben Smithard et les flashbacks d’antan viennent enrichir cette virée dans l’âme humaine.
Un film de dialogues, certes, mais aussi de silences, de regards et de mémoire. Freud à son image, il ne tranche pas, il interroge. Et dans cet entre-deux, il redonne ses lettres de noblesse à la conversation.



