Uma Wang répond à trois questions suite à son défilé de l’automne-hiver 2025

Uma Wang répond à trois questions suite à son défilé de l’automne-hiver 2025
©UMA WANG / ONIRIQ MAGAZINE / TOM KUNTZ

Uma Wang répond à trois questions suite à son défilé de l’automne-hiver 2025

Pour sa nouvelle collection, Uma Wang s’est inspirée d’une célèbre œuvre italienne. Une rencontre inopinée entre volume sculptural, art sophistiqué, fluidité gracieuse et standards de beauté chinois.

Alors que les jours de Fashion Week fusent à toute vitesse, Uma Wang nous a invités à une petite pause artistique. Dans l’enceinte de la Cité de l’Architecture & du Patrimoine, ses silhouettes de l’automne-hiver 2025-2026 ont rayonné en mêlant art italien sophistiqué et standards de beauté chinois. Nous l’avons rencontrée en backstage et, au milieu des mille va-et-vient, elle a répondu à trois de nos questions. Rencontre.

L’habit comme langage universel

Les vêtements sont bien plus qu’une simple enveloppe. C’est connu. Qu’importe la façon dont vous vous habillez, ou même chez quelle marque, un tissu aura toujours une histoire et un message. Et cela, n’importe où dans le monde. C’est, en quelque sorte, l’idée fondatrice de la nouvelle collection d’Uma Wang.

Pour le vestiaire féminin de l’automne-hiver 2025-2026, la créatrice originaire de Shanghai a voulu se jouer des silhouettes des quatre coins de notre globe, nourrissant son art de leurs différentes cultures, évolutions et idéaux. Le point d’ancrage est, d’ailleurs, une œuvre italienne particulièrement célèbre : La Madonna del Parto de Piero della Francesca.

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Datant d’environ 1455, cette fresque de 2,60 m par 2 m représente la Vierge, figure emblématique du christianisme, enceinte et entourée d’anges. Derrière cette image, impossible de ne pas relever la gloire à la maternité, fruit de la vie, ainsi que la beauté que l’on découvre dans la rondeur du personnage.

En l’apercevant, Uma Wang s’est alors questionnée sur les différentes visions de la féminité dans le monde et au fil des époques. Étant elle-même originaire de Chine, elle a fait le rapprochement avec les standards de beauté de la dynastie Tang. Lors de cette période florissante de l’histoire chinoise, la minceur laissait place à la rondeur et aux volumes généreux, signes de prospérité et de santé.

Uma Wang répond à trois questions suite à son défilé de l’automne-hiver 2025
©UMA WANG

À travers ses 32 looks, la fondatrice et directrice artistique a voulu redonner ses lettres de noblesse aux volumes, en jouant sur des robes bouffantes aux imprimés baroques, en élevant les épaules plus que de raison pour donner de la carrure et en rendant joufflus les modèles avec des foulards façon babushka. On retrouve ici un vestiaire plus qu’inhabituel pour les temps modernes. Et c’est justement ce que l’on aime. Une pointe d’amusement, de libération, que la garde-robe féminine peut bien s’offrir après tant d’années bridée par les codes.

3 questions à Uma Wang

À la suite de son défilé, OniriQ s’est faufilé en backstage afin de poser trois questions à la créatrice, encore sous l’émotion. Une rencontre, entre quelques portants et mannequins, qui nous en a appris davantage sur sa vision des choses…

Tom Kuntz : Dans vos pièces, ainsi que depuis le début de la Fashion Week, on remarque une certaine tendance du puffy et des matières assez volumineuses. Que pouvez-vous nous dire dessus ?

Uma Wang : Tout d’abord, je n’essaye pas de suivre les tendances. J’ai toujours utilisé des matériaux assez forts, avec de la personnalité et de la texture. Dans cette collection, je suis allée encore plus loin, voulant redonner une nouvelle vision de la féminité. Certainement ma propre vision, influencée également par mes origines et mes inspirations.

Dans mes silhouettes de l’automne-hiver 2025-2026, j’ai imaginé cette rondeur si belle à travers un oversize très large sur des pièces modernes comme une veste en cuir XXL, mais également sur des looks plus d’époque reprenant les hanches larges avec des robes et des pantalons. Les matériaux ont aussi beaucoup aidé, notamment avec des pièces matelassées, d’autres tellement légères qu’elles en deviennent bouffantes, et ainsi de suite.

T.K : On retrouve dans vos pièces pour l’automne-hiver différentes cultures. Des imprimés baroques jusqu’aux inspirations, quelles sont pour vous les piliers culturels de la collection ?

U.W : Un peu de chaque à vrai dire. La dynastie Tang m’a beaucoup inspirée avec son principe de beauté autour des formes plus pleines et voluptueuses. Un visage rond, une peau claire, une silhouette généreuse et des hanches larges étaient considérés comme positifs. Les personnes riches étaient souvent en surpoids, alors que les classes moyennes et ouvrières étaient plus maigres.

Dans mes imprimés, j’ai voulu faire honneur à la fresque qui m’a inspirée en développant des motifs baroques typiquement italiens, une palette de couleurs chaude et assez royale. J’aime justement mélanger cette esthétique passée avec une vision plus moderne de la féminité et de ses différentes étapes. Mélanger les cultures et les visions afin de recréer quelque chose auquel les autres et moi-même pouvons nous identifier.

T.K : Enfin, parmi les 32 looks ayant défilé, avez-vous une silhouette fétiche ?

U.W : Je dirais l’une de mes robes, pour sûr. Leur effet volumineux, presque enveloppant, me plaît particulièrement et colle à l’image exacte que j’avais de la collection avant de la créer.

 

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