Nez à nez avec Christine Nagel, directrice de la création d’Hermès

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Nez à nez avec Christine Nagel, directrice de la création d’Hermès

Le premier parfum qu’elle a porté, l’odeur qui la fait voyager, celle qu’elle rêve de mettre en flacon… À l’occasion du lancement de sa dernière création intitulée Barénia, Christine Nagel, parfumeur et directrice de la création et du patrimoine olfactif d’Hermès Parfums, nous partage son univers olfactif.

Quelle est l’odeur qui vous ramène instantanément à votre enfance ?

Christine Nagel : Le borotalco, le talc pour enfant en Italie. Je me souviens de ma mère italienne qui en mettait sur mon petit frère. C’est une des premières odeurs qui me reste en mémoire. Mais le plus intéressant reste le parfum du sac de ma grand-mère lorsque je l’ouvrais. Il avait une odeur poudrée, douce, qui reste profondément ancrée dans mon esprit. La poudre était alors universellement utilisée par les femmes. J’ai découvert en arrivant chez Hermès que c’est cette même histoire qui a inspiré la création du premier parfum féminin d’Hermès, le légendaire L’Eau d’Hermès, l’odeur de l’intérieur d’un sac de femme.

Le premier parfum que vous avez porté ?

C.N. : Havoc de Mary Quant créé par Jean-Claude Ellena. Une jolie coïncidence sachant que je lui ai succédé chez Hermès en tant que parfumeur créateur maison en 2014.

L’odeur dont vous ne pouvez pas vous passer ?

C.N. : Celle de la peau de mes petits-enfants. J’en ai d’ailleurs créé un parfum : Cabriole.

L’odeur qui vous inspire le calme et la sérénité ?

C.N. : L’odeur de mon jardin en Normandie.

L’odeur qui vous fait voyager ?

C.N. : Celle de la mer.

L’odeur de l’amour ?

C.N. : Celle de l’homme que j’aime, cette empreinte invisible qui vous submerge d’émotion, vous bouleverse par sa présence.

L’odeur improbable que vous aimeriez mettre en flacon ?

C.N. : L’essence même de la baie miraculeuse.

Le parfum qui ne vous quitte jamais ?

C.N. : Le parfum sur lequel je travaille, celui de demain ou d’après-demain.

L’odeur que vous détestez le plus ?

C.N. : Je n’ai pas vraiment d’odeur que je déteste, à part peut-être celle du vomi.

Quel est le point de départ de vos créations ?

C.N. : La création d’un parfum résulte d’un travail de mémoire, « d’archivage ». Je suis curieuse et sensible, et chaque jour m’apporte son lot d’images, d’impressions, de rencontres, de moments qui me marquent. Je les garde en mémoire et ils s’expriment ou s’exprimeront en parfum au moment opportun. En tout état de cause, ils alimentent mon imaginaire et ma création en continu. Aujourd’hui, je travaille pour Hermès, une maison à la création et à l’histoire formidablement riches. Les univers sont foisonnants, les sources d’inspiration sont sous mes yeux, quotidiennement. Je m’inspire et me nourris de la maison, ce puits sans fond d’histoires inspirantes pour tous et chacun.

Que ressentez-vous lorsque vous sentez l’une de vos créations sur quelqu’un ?

C.N. : Cela me trouble et me réjouit profondément qu’une ou un total inconnu porte une petite part de moi.

Quelle a été votre dernière émotion olfactive ?

C.N. : La découverte d’un chêne torréfié à l’odeur proche et sensuelle de celle d’un rhum.

Vous avez révélé en septembre dernier une nouvelle création pour la maison : Barénia. Quelles ont été vos sources d’inspiration pour imaginer ce parfum ?

C.N. : Il s’agit d’une belle histoire de rencontre entre la femme Hermès et la matière, deux mondes qui se sont fait écho. Il est question dans les deux cas de sensualité, d’élégance, de signature, d’audace. Il m’a fallu du temps pour apprendre à connaître la femme Hermès, la comprendre et intérioriser cette sensualité si particulière, si élégante.

Il s’agit aussi du premier chypre Hermès. Pourquoi teniez-vous à explorer cette famille classique de la parfumerie ?

C.N. : L’allure d’un chypre est à la mesure de sa complexité et de sa sophistication, des valeurs qui résonnent avec Hermès.

Interview complète à lire dans le n°9 d’OniriQ Magazine

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