Alphonse Maitrepierre nous explique sa collection « Let’s Play » pour le printemps-été 2025

MAITREPIERRE SS25 LETS PLAY
©Maitrepierre / Tom Kuntz / ONIRIQ MAGAZINE

Alphonse Maitrepierre nous explique sa collection « Let’s Play » pour le printemps-été 2025

Pour les 5 ans de sa jeune et belle maison, le créateur Alphonse Maitrepierre conjugue futur, surréalisme et esprit geek dans une seule et même collection.

Hier, mardi 24 septembre, juste après la griffe ALAINPAUL, Maitrepierre dévoilait sa nouvelle collection « Let’s Play » pour le printemps-été 2025 lors de la Fashion Week femme de Paris. Au sein du Palais de la Femme, situé dans le 11e arrondissement, le jeune créateur français a surpris ses hôtes avec de nombreuses silhouettes excentriques. Top-tv, renouveau du denim ou encore téléphones à clapet argentés… L’avenir, souvent poussé à son paroxysme, était au rendez-vous pour l’anniversaire des 5 ans de la marque. Décryptage et explications.

Culture geek et surréalisme, Maitrepierre SS25

Le premier look donnait le ton ! Après que ses invités de marque, parmi lesquels Camille Lellouche et Louane, se soient assis, une musique étrange a commencé à se faire entendre, nous donnant un avant-goût de ce qui allait arriver. Quelques secondes plus tard, le premier mannequin est sorti de la pénombre et, de là, un ébahissement commun. Sur le podium, ce dernier marchait vêtu d’un t-shirt-télévision. Un top à la forme d’un vieil écran, diffusant des images. Plusieurs silhouettes plus tard, toujours dans cette idée de reliques technologiques se transformant en vêtements, un autre modèle défilait fièrement dans un « débardeur-gameboy », comme l’appelle la marque. Sur son bras, cette fois, une véritable manette transformée en bracelet. Comme quoi, le souci du détail fait toujours la différence.

MAITREPIERRE SS25 LETS PLAY
©Sébastien Hernandez Bertrand

Inéluctablement, le futurisme était au cœur de la collection printanière. On a également retrouvé sur le catwalk des sacs aux allures de touches de claviers old school, des drapés et rayures « tourbillonnant tels des vortex », mais également des codes habituels du vêtement dans une version toute autre, plus désaxée, plus surréaliste, plus novatrice.

Dans cet ensemble de 22 looks, deux ont retenu notre attention (en plus du fameux top-tv). Le premier est un total look denim, quoi de plus normal, nous direz-vous ? Pour celui-ci, Alphonse Maitrepierre n’a pas voulu suivre la norme. En plus de le faire crop, il l’a coupé de façon brute, a retourné ses poches, les a changées de place tout en jouant avec son sens et son top. Et ça, on aime.

La deuxième silhouette de Maitrepierre a nous avoir tapé dans l’oeil, et c’est souvent le cas pour de nombreuses collections, était celle du final. On le sait, chaque créateur se la garde toujours pour épater une dernière fois avec la clôture de son défilé, mais on ne peut pas y résister pour autant ! Pour son dernier passage, le CEO et directeur artistique a imaginé un trench sous la forme d’un peignoir XXL dans une matière douce et rosée !

MAITREPIERRE SS25 LETS PLAY
©Sébastien Hernandez Bertrand

4 questions à Alphonse Maitrepierre

OniriQ : Votre nouvelle collection “LET’S PLAY” fusionne culture geek et surréalisme. Qu’est-ce qui vous a inspiré cette approche ludique et technologique pour célébrer les cinq ans de votre griffe ?
Alphonse Maitrepierre : J’avais envie de revenir aux sources de la marque et de notre ADN, cette fois-ci en ne décrivant pas le monde dans l’écran mais le personnage qui joue. J’aimais l’idée de ramener un vestiaire plus accessible et que tout le monde connait, le tout avec un twist visuel. 
O : Les formes et structures décalées de vos pièces, comme les top-téléviseur ou les débardeurs-gameboy, repoussent les limites du vêtement traditionnel. Comment abordez-vous la conception de ces pièces comme un art qui se porte ?
A.M : J’aime ce lien entre jeu visuel et objet qui se porte. Nous avons essayé au maximum de travailler ces pièces avec des techniques traditionnelle, pour qu’au delà du visuel impactant, elles restent des pièces portables et réalistes. 
O : Vous avez collaboré à nouveau avec CAREL pour cette collection en revisitant son soulier emblématique. Pouvez-vous nous en parler brièvement ?
A.M : Cette saison CAREL nous a donné carte blanche pour revisiter les codes de la maison. Quand j’étais venu dans leur showroom j’avais pu voir “LES FABLES” qui était une ligne qui était entièrement basée sur des designs d’animaux, j’ai tout de suite trouvé les objets pop, fun et décalés. C’est pourquoi j’ai décidé de m’en servir de point de départ et de créer de nouveaux designs autour de cette histoire, pour parler d’une fable plus urbaine et absurde. 
O : Vous nous invitez à remettre en question notre compréhension et perception du monde avec vos pièces tantôt 2D tantôt 3D. Mais, vous, quelle est votre compréhension du monde et de la dualité entre réalisme et fantastique ?
A.M : Je pense qu’en tant que designer, mais aussi jeune adulte, nous sommes à cheval entre réalité et fiction via les réseaux sociaux, l’omniprésence des écrans, de la publicité et autres dans notre quotidien. C’est pourquoi j’ai voulu créer une collection qui, sans être trop critique, dresse un portrait objectif de notre vie et de la dualité que nous pouvons ressentir entre fascination et répulsion face à cette ère digitale.

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